D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XII. 529
lierement veiller à la sûreté de Colmar & de Schlettstadt: les garnisons des Hijì. d’Ai-villes Alsaciennes dévoient prêter serment de fidélité à Louis XIII: leursjurisdictions conservoient leur existence, leur forme, & tous leurs droits:
Brisach devoit être remis aux François, lorfqu’on en auroit fait la conquê-te: la garde du pont de Strasbourg étoit confiée à la Régence de cette vil-le : enfin Louis XIII formoit une nouvelle confédération, avec la Ligue 1635.Protestante. A peine ce traité étoit il signé , qu’on aprit que Philips-bourg avoit été escaladé par les Impériaux, & que Spire leur avoit ouvertses portes; mais les François leur enlevèrent presque auíìitôt cette derniereconquête : en Alsace, ils triompheront du Duc de Lorraine , & LouisXIII, qui juíqu’alors n’avoit fait que protéger ses Alliés fans agir directe-ment contre la maison d’Autriche, se déclara ouvertement contre elle (r).
L'enlèvement de Philippe Christophe de Sòtern, Electeur de Trêves, of-frit à Louis XIII, ou pour mieux dire au Cardinal de Richelieu, une oc-casion de déclarer une guerre directe à la maison d’Autriche. Ce ministre,qui travailloit à la grandeur de son maître, pareeque cette grandeur étoitla sienne, ne cherchoit qu’à resserrer les bornes de la puiíîànce de cette fa-mille, qui gouvernoit une partie de l’Europe, Sc faisoit trembler le reste.
L'Empereur & l'Infant Ferdinand firent arrêter l’Electeur; il fut enfermédans le château de Teuves près de Bruxelles. Le Cardinal, qui en Fran-ce fit tomber les plus illustres têtes & les moins coupables, s’intérestà oudu moins parut s’intérestèr au fort d’un étranger, qui avoit perdu fa li-berté; on conclut un traité de ligue offensive avec la Hollande. (2).
Déjà on partageoít les conquêtes,. avant de íçavoír quel seroit le succèsde la guerre. Le Luxembourg, Nnmur, le Hainaut, l’Artois,& la Flan-dre dévoient être le partage de la France : on cédoit aux Etats Généraux:le Marquisat du Saint Empire, la Seigneurie de Malines, le Duché deBrabant, Plu 1 st & le pays de Gand: en même temps on négocioit avec lesProtestants assemblés à Worms, & la France promettoit d’entretenir leurarmée commandée par le Duc de Saxe - Weimar. L’Electeur de Saxeétoit indigné de la préférence qu’on donnoit au Duc; la cour de Viennesçut profiter de cette jalousie , pour I’attirer à son parti: par un traité con- Trahidcclu à Prague, on convint de laisser aux Protestants de Saxe les biens ec- Prague.clésiastiques, qui ne relevoient pas immédiatement de l’Empire, & quiétoient en leur puiíîànce; quant à ceux fur lesquels TEmpire avoit unDomaine direct, ils dévoient les conserver pendant quarante ans; maisdans le premier article on ne comprenoit que les biens, dont ils s’étoientrendus maîtres avant le traité de Paílàu, & dans le second ceux dont ilsétoient encore en possession avant le 12 Novembre 1627: on laìiïòit lelibre exercice de la Religion Catholique, & de la Confession d’Augsbourgdans tout l’Empire, à l'exception des états héréditaires de la maison d’Au-triche , qui dévoient demeurer Catholiques; le Duc de Bavière confervoitl’Electorat Palatin, & n’étoit tenu qu’à payer des pensions à la veuve &au fils de Frédéric; on restituoit à tous les Protestants, qui signeroient letraité,, les biens dont ils jpuiílòient avant la guerre, à condition qu’ils resti-
Ùà BufFendorf L. VII. Adser. F. 3. L. s d. ( 2 ) Siri Memor. recoud. T.. S.-
Sss 3,