5 io HISTOIRE DE L’ÈMPIRE
Spot. XII. tueroietit tous ceux dont les armes de Gustave les avoïent rendus maîtres ;Hijl. d'Al- on rcmettoit aussi le Duc de Lorraine en possession de touc ce qui lui1558-1648 avoic écé enlevé; la forteresse de Fhilipsbourg rentroic fous la domination
_ _1 Impériale ; & l’on accordoit une amnistie générale à tous les Etats, qui rati-
fieroient ce traité. C’est ainfi que, de parc & d’autre, on partageoic lesconquêtes avant de s’être mis en campagne: l’appas des restitutions enga-gea plusieurs Puissances Germaniques à ligner cet açcord; de ce nombrefurent les Ducs de Lunebourg & de Mecklenbourg, les Princes d’Anhalt,les villes de Nuremberg, d’Ulm, de Donavvcrt, & de Francfort fur leMein. L’Lmpereur libelle à là parole, fit, dès finstanc même, toutesles restitutions auxquelles il s’écoic engagé. La Régence de Colmar ce-pendant, loin d’accéder h ce traité, traita avec Richelieu, & reçut dansses murs une garnison Françoise.
Peu de temps après le Duc de Saxe-Weimar traita avec la France, &prêta ferment de fidélité à Louis XIII qui le reconnut Général de l’arméeLuthérienne : pendant ces négociations on s’étoit livré plusieurs com-bats (i) ' stui, fans décider du fort de la guerre, affoiblissoienc les deux£636. partis. Le Duc de Saxe-Weimar s’étoit rendu maître de Saverne: Ban-nier, h la tête des Suédois & de quelques Prussiens, tailloit en pieces lesSaxons près de Parchim, & l’Eleéteur fie vengea de cet échec par la con-quête de Magdebourg; enfin on en vint à une action plus décisive: la plai-ne de Wittstock en fut le théâtre ; les Suédois dans cette journée vengè-rent la mort de leurs compagnons mafiàcrés h Nordlingue; six mille Impé-riaux demeurèrent fur le champ de bataille; sept mille rendirent les armes;quatre mille désertèrent; huit mille chariots, trente pieces de canon reste-ront au pouvoir des vainqueurs ( 2). Cette défaite ne fit que hâter le cou-1637. ronnement de Ferdinand déjà Roi de Hongrie, qui fut élu Roi des Ro-mains; on fentoit la nécessité de donner un luccestèur ou plutôt un collè-gue à un Prince infirme, que son génie & fies forces abandonnoient dansle moment où l’Empire en avoit le plus besoin. En effet ce Prince tou-choit au terme de fa carrière : on le follicitoit, d’un ton menaçant, de ré-tablir l’Electeur Palatin ; mais il n’étoit plus en état de prendre un parti:il avoit plus d’ambition que de courage, plus d’orgueil que de véritablefierté, & les victoires des Suédois abrégèrent fa vie; il mourut le 15 “Fé-vrier 1637. Ce Prince, que quelques historiens ont trop vanté, ne futgrand, que lorsque la fortune le favorisa; & cette grandeur même fut ter-nie par de- vengeances outrées: s’il avoit fçu mettre des bornes à fa puis-sance, il l’auroit conservée toute entiere ; il perdit tout, parce qu’il aspiraau despotisme, & qu’il se crut au dessus des loix. II avoit eu de Mariam-ne, fille de Guillaume Duc de Bavière, fa premiere épouse, Ferdinand IIIson successeur, & Léopold Guillaume Grand-Maître de l’Ordre Teutoni-que. Mariamne, sa fille aînée, avoit épousé Maximilien Duc de Bavière,& Cecile Renée s’étoit unie à Uladislas Roi de Pologne. Léopold, sonfrere avoit épousé la Princesse Claude, fille de Ferdinand Grand-Duc daToscane: ce Prince avoit précédé son frere dans la tombe; mais il laiílòic
(r) PctTendorf L. 8. (2) Ib. & Kbevenh. T. 12. Théat, Europ. T. 3.