D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XII. 513
te des Impériaux, que le Duc de Savelli qui la conduifoic, s’enfuit préci- Sect. XII.pitamment, après avoir reçu deux coups de pistolets dans les reins : l’aile Hist. d'Ai-gauche, où commandoit Gôtz,. se battit avec tant d’acharnement, que Tu-
padel perdit crois canons: le Vicomte de Turenne se mêlant, l’épée à la - _I
main, parmi les ennemis, encourageoit les François, qui alloient prendre Combattn-la fuite; & Weimar, averti du danger où étoit l’aile droite de son armée, tre Au 'se jetta avec impétuosité sur les Autrichiens. Le combat devint alors plusterrible: la victoire demeura incertaine pendant cinq heures, & la nuitfeule sépara les deux armées: cependant, quoique le Général Gôtz avoitpris 14 drapeaux & 8 étendarts, & avoit fait prisonnier le Colonel Tupadel quis’étoit trop risqué; les Autrichiens abandonnèrent le champ de bataille auxFrançois, laiílànt quinze cents morts fur la place, fans compter ceux quifurent noyés dans Je Rhin.
La garnison de Brisach se vit alors fans reíîource; le Duc de Weimar,après s’être emparé de plusieurs places considérables, devint maître ducours du Rhin. Brisach se rendit après avoir éprouvé toutes les horreursde la famine ; le Gouverneur ayant même été obligé de mettre des gardesaux cimetières, asin d’empêcher les habitans de déterrer les morts pours’en nourrir. Weimar entra le 19 Décembre dans la ville & fit des repro-ches au Baron de Reinach, de l’inhumanité avec laquelle il avoit traité sesprisonniers, en leur refusant jusqu’à du pain. Dès qu’on sçut à Paris la prise Ncgocia-de Brisach, Louis XIII dépêcha un de ses gentilshommes, fous prétexted’en faire compliment à Weimar, mais en effet, pour porter des infime- pm s ”“ 3 .tions scerettes, au Comte de Guébriant (1), d’employer toute son adres- ger Weimarse, asin d’engager le Duc à céder Brisach, à la couronne de France. Wei- à lui cédermar n avoit pour tout bien que l’honneur d’être iffu de la branche aînée Bri J ach ‘de la maison électorale de Saxe ; son peu de fortune lui inspiroit une hainemortelle contre les héritiers de Charles-Quint, qui avoit dépouillé Jean-Frédéric, son bisayeul, de ses états & de fa dignité; il croyoit que laconquête de Brisach lui affuroit Je Comté de Brisgaw, appartenant à lamaison d’Autrîche, & qu’il pourroit le lui enlever par représailles : il mé-ditoit même d’en faire un établiílèment, dont les fondemens seroient iné-branlabes, à cause de la situation avantageuse de Brisach; il étoit d’ailleursmaître du Rhin, & astèz fort pour résister à ses ennemis avec le secoursde la France. Louis XIII, de son côté, vouloit bien que le Duc tirâtquelques avantages de la France, mais il désiroit être le maître de Bri-sach, pour se conserver un passage au-delà du Rhin, & pour fermer auxImpériaux l’entrée de l’Alsace & de la Lorraine ; la négociation , dontGuébriant étoit chargé, paroisíòit fort délicate; il avoit obtenu de Wei-mar une promesiè de se rendre à Paris ; mais le Duc, fous différens prétextes,trouvoit toujours le moyen d’en éluder l’exécution. La cour de France,ennuyée d’un fi long retardement, ordonna à Guébriant de presser le Ducde s’expliquer fur la cession de Brilàch; il répondit: me demander maconquête , c est demander à un galant homme , le sacrifice de son honneur ;mais, dans la crainte qu’une réponse si positive n’indisposâc Louis XIII, U
(i) Siri Memor. recoud, T. 8.
Tome XL,
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