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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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DA L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XII. 513

te des Impériaux, que le Duc de Savelli qui la conduifoic, senfuit préci- Sect. XII.pitamment, après avoir reçu deux coups de pistolets dans les reins : laile Hist. d'Ai-gauche, commandoit Gôtz,. se battit avec tant dacharnement, que Tu-

padel perdit crois canons: le Vicomte de Turenne se mêlant, lépée à la - _I

main, parmi les ennemis, encourageoit les François, qui alloient prendre Combattn-la fuite; & Weimar, averti du danger étoit laile droite de son armée, tre Au 'se jetta avec impétuosité sur les Autrichiens. Le combat devint alors plusterrible: la victoire demeura incertaine pendant cinq heures, & la nuitfeule sépara les deux armées: cependant, quoique le Général Gôtz avoitpris 14 drapeaux & 8 étendarts, & avoit fait prisonnier le Colonel Tupadel quisétoit trop risqué; les Autrichiens abandonnèrent le champ de bataille auxFrançois, laiílànt quinze cents morts fur la place, fans compter ceux quifurent noyés dans Je Rhin.

La garnison de Brisach se vit alors fans reíîource; le Duc de Weimar,après sêtre emparé de plusieurs places considérables, devint maître ducours du Rhin. Brisach se rendit après avoir éprouvé toutes les horreursde la famine ; le Gouverneur ayant même été obligé de mettre des gardesaux cimetières, asin dempêcher les habitans de déterrer les morts poursen nourrir. Weimar entra le 19 Décembre dans la ville & fit des repro-ches au Baron de Reinach, de linhumanité avec laquelle il avoit traité sesprisonniers, en leur refusant jusquà du pain. Dès quon sçut à Paris la prise Ncgocia-de Brisach, Louis XIII dépêcha un de ses gentilshommes, fous prétexteden faire compliment à Weimar, mais en effet, pour porter des infime- pm s 3 .tions scerettes, au Comte de Guébriant (1), demployer toute son adres- ger Weimarse, asin dengager le Duc à céder Brisach, à la couronne de France. Wei- à lui cédermar n avoit pour tout bien que lhonneur dêtre iffu de la branche aînée Bri J achde la maison électorale de Saxe ; son peu de fortune lui inspiroit une hainemortelle contre les héritiers de Charles-Quint, qui avoit dépouillé Jean-Frédéric, son bisayeul, de ses états & de fa dignité; il croyoit que laconquête de Brisach lui affuroit Je Comté de Brisgaw, appartenant à lamaison dAutrîche, & quil pourroit le lui enlever par représailles : il-ditoit même den faire un établiílèment, dont les fondemens seroient iné-branlabes, à cause de la situation avantageuse de Brisach; il étoit dailleursmaître du Rhin, & astèz fort pour résister à ses ennemis avec le secoursde la France. Louis XIII, de son côté, vouloit bien que le Duc tirâtquelques avantages de la France, mais il désiroit être le maître de Bri-sach, pour se conserver un passage au-delà du Rhin, & pour fermer auxImpériaux lentrée de lAlsace & de la Lorraine ; la négociation , dontGuébriant étoit chargé, paroisíòit fort délicate; il avoit obtenu de Wei-mar une promesiè de se rendre à Paris ; mais le Duc, fous différens prétextes,trouvoit toujours le moyen den éluder lexécution. La cour de France,ennuyée dun fi long retardement, ordonna à Guébriant de presser le Ducde sexpliquer fur la cession de Brilàch; il répondit: me demander maconquête , c est demander à un galant homme , le sacrifice de son honneur ;mais, dans la crainte quune réponse si positive nindisposâc Louis XIII, U

(i) Siri Memor. recoud, T. 8.

Tome XL,

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