5 I 4 HISTOIRE DE L’EMPIÎIE
Sect. XII. envoya Erlach faire des excuses à ce Prince, & lui donna pouvoir de négo-Hist. <1’AI- cier auprès de Sa Majesté, fans néanmoins rien promettre au Roi fur lalemagns, ce {f 10n de Brifacb.
iss«-i<54 . p en( jant ce temps, le Duc fe vit arrêté dans le cours de ses victoires,1639. par une maladie cruelle, fruit de son intempérance; dès qu’il eut repris lèsMaladie de forces, il résolut de retourner en Alsace, pour y palier le Rhin, & don-IVeimar. ner p] US d’étendue à ses conquêtes : il commença par le fiege de Thann,où il se rendit vers le milieu du mois de Mai ; & fit jetter dans la ville unefi prodigieuse quantité de boulets rouges, que les habitans effrayés ouvri-rent leurs portes au vainqueur. Ferdinand III, qui redoutait les approchesdu Duc, fit agir auprès de lui pour l’cngager dans ses intérêts ; mais Wei-mar ne crut point devoir fe fier à des promesses, dont il n’avoit point d’au-tre garant, que la bonne foi de son plus grand ennemi; ainíi on lui vitMort de redoubler ses efforts, pour fe disposer à passer le Rhin. La mort ne per-fVâmar. mit pas qu’il exécuta ses vastes projets; il tomba malade & mourut àNeubourg le 18Juillet 1639 dans la 35 e . année:comme fa mort parut éga-lement avantageuse à la maison d’Autriche, & h la France, on soupçonnaces deux Puislanees de savoir avancée ; soupçon qui ne se confirma point.Le Duc avoit ordonné par son testament, que ses conquêtes feraient remi-ses entre les mains de celui de ses freres qui voudrait en prendre posté s-fion ; que dans le cas, qu’aucun d’eux ne voulût de cette succession, il 1adonnoit à Louis XIII, préférablement h tout autre Prince: il laissa plu-sieurs legs à ses officiers, il donna son cheval de bataille au Comte de Gué-briant. C’étoit à qui s’enrichiroit des conquêtes du Duc, mais le Roi deFrance, plus à portée d’en profiter que les autres prétendans, fit un traitéavec les Officiers Weimariens ; Guébriant fut chargé d’en négocier les arti-cles, dont le principal, étoit que tous les officiers seraient ferment deconserver les places conquises pour le service du Roi de France & de nejamais les remettre entre les mains de qui que ce soit, fans un ordre exprèsLoîíîí de.Sa Majesté Très-Chrétienne. Ainsi finit cette importante négociation,
Xl ll, Seu- . c j e p_ 0 i d e France Souverain de presque toute s Alsace & d’unc
veram de ~ . A 4
l'Afice, partie du tìrisgaw.
Les Suédois durant ces assures dans s Alsace, firent plusieurs conquêtesen Poméranie, après avoir triomphé près de Witt-stock fur les Impériaux:ceux - ci eurent plus de bonheur fous le Comte de Hatzfeld en Westpha-lie , où ils battirent le Comte Palatin Charles Louis, de forte qu’il eut dela peine à se sauver dans Minden, ayant perdu tout son canon, & son fre-j-e, ainsi que le Comte de Ferentes & plusieurs autres de ses officiers, ayantété faits prisonniers (i).
On recommençoit alors à parler d’une paix générale: les Puissances in-téressées avoient envoyé leurs Ministres à Hambourg, où le Congrès étoitassemblé. Ruszdorf, chargé des intérêts de Charles Louis Comte Palatin ,y exigea qu’on rendit à son maître les honneurs dûs aux Rois de l’fîuro-pe; dans une Lettre qu’il avoir écrite à Louis XIII, il ne l’avoit qualifiéque de Dignité Royale , omettant celle de Majefté. La cour de France
(O Peffendorf L. io. Lotich. Rer, Gem. L. ?..