D’A L L E M A G JNs E. Liv. XXV. Se ct. XII. 517
Silésie, avec la qualité de Prince de l’Empire, qu’on lui effroi r, en ré- Hìst d'M.compense d’une pacification si utile à la maison d’Autriche. II seroic diffi- lemagne,cile d'affirmer que Schlick agit sincèrement ; peut-être ne vouloit-il qu’a- *558-1648.muser le Maréchal, jusqu’à l’arrlvée de Picolomini que Ferdinand III avoit 'mandé des Pays-bas, avec un corps d’armée de douze mille hommes,pour rétablir ses affaires en Bohême : quoiqu’il en soit, un médecin, en-voyé par Schlick, sous prétexte de voir la Maréchale, qui étoit indispo-sée, entama secrettement la négociation ; mais Bannier reconnut bientôtqu’on avoit cherché à le tromper, lorsqu’il vit arriver à Prague l’ArchiducLéopold, avec un corps de cinq mille hommes, & le Général Picolominiavec un autre de douze mille.
Pendant que tout étoit en mouvement, au sujet de la succession du Ducde Weimar , un nouveau concurrent plus dangereux que tous les autres,s’étoit mis fur les rangs. C’étoit Charles - Louis , Prince Palatin ; dèsqu’il eut appris la mort de Weimar, il passt à Londres, où le Roi luipromit l’argent qu’il demandoit : fa Majesté Britannique , persuadée qu’ilseroit difficile de réussir, dans cette négociation , fans l'appui de la Fran-ce, insinua à Bellievre, Ambasstdeur de cette Couronne, qu’en recon-noissance d’un si bon office rendu à son neveu, elle pourroit bien entrerdans la ligue , entre la France & la Suede, contre la maison d’Autriche.
L'Electeur y ajouta sa Majesté Britannique, s'en va fur le Rhin; il passerapar la France & ira trouver le Roi Très - Chrétien , pour achever la con-clusion de cette affaire. Bellievre écouta les propositions du Roi d’Angle-terre, & ne répondit rien , fur des choses qu’il prévoyoit ne devoir pasêtre du goût de Louis XIII, ni de Richelieu. Le Comte Palatin partitincognito pour Paris: Richelieu, averti de l'arrivée du Palâtin, ordonna del’arrêter à Moulins, Ht le fit conduire àVincennes, d’où il ne sortit qu’a-près avoir affirmé par écrit, qu’il n'avoit pas eu deíîèin de se mettre, mal-gré le Roi , à la tête des troupes Weimariennes : enfin on lui permit desortir de France, vers la fin de Juillet 1640,
Bannier ayant reçu quelque renfort de troupes qui venoient de Thurin-ge , marcha vers Picolomini , dans le deíîèin de lui livrer bataille. Ce-pendant, comme il sentoit l’infiériorité de son armée , sur celle de son ad-versaire, il desiroit que les François, commandés par le Duc de Longue-ville, se joignisiènt aux Suédois: cette jonction, après quelques difficultés,se fie ; mais Picolomini, par l’art qu’il employa pour se retrancher avecavantage, rendit inutiles les efforts des confédérés.
La fin de Tannée 1640 fut marquée par un grand évenement, qui di- Révolutionminua beaucoup la puissance de la maison d’Autriche.. Les Portugais se- dans le-eouerent le joug que les Espagnols leur avoient imposé, & proclamèrentRoi de Portugal, Jean Duc de Bragance, qui jamais ne se seroit détermi-né à monter sur un trône qui lui appartenois, sans les efforts de Louise deGusman fa femme. Cependant les Electeurs s’étoient raíïèmblés à Nurem-berg, pour délibérer fur les moyens de donner la paix à l’Empire: commeon ne pouvoit rien y régler fur la paix générale, fans le consentement des d$Puisiànces qui étoient en guerre, on proposa d’inviter à la Diete de Raiis- ^ atx ”bonne, leurs Plénipotentiaires. Tandis que la Diete de Ratisbonne tenoit
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