524 HISTOIRE DE L’E M P I R E
Sect. XII. qu’u n enchaînement de nouvelles conquêtes dans la Suabe & la Fran*M(t. d’AI- conie.
1558-1648 L’Empereur venant de faire couronner Roi de Bohême, h Prague, son
__ fils aîné Ferdinand (1), prie la route de Presbourg, dans le dessein d’y
Ferdinani faire reconnoître son fils, Roi de Hongrie, & d’y terminer le différendIVcowomì entre les Catholiques & les Protestants ; niais ces derniers faisant valoirliSmeZ ^ * eurs prétentions, avec d’autant plus de hauteur, qu’ils pouvoient empê-cher le couronnement du jeune Ferdinand, il fut contraint de rétablir lesProtestants dans tous leurs privilèges, & de leur restituer quatre-vingt-dixTraité du temples. Le plus fidelle des alliés de l’Empereur, le Duc de Bavière,Duc de Ba ■ fi longtemps le soutien, ou la victime de la maison d’Autriche, surprit tou-"k^France. te I Europe, par le traité qu’il fit avec la France (2). Les Suédois ne tar-dèrent pas à profiter de l’avantage que la défection du Duc de Bavière leurdonnoit: le Général Wrangel entra en Bohême & fit le siégé d’Egra;l’Empereur fut obligé de fe mettre lui-même à la tête de ses troupes,qui refusoient d’obéir à Mélander, sous prétexte qu’il étoit Protestant ; &à peine fut-il arrivé, qu’il courut encore une fois le risque d’être surprispar un détachement des ennemis, quand l’eseorte des fourageurs arriva àpropos pour le sauver.
L'Eleveur Pendant que l’Empire étoit ainsi en proye aux armes de la Suede, on
de Bavière fut très étonné d'apprendre que l’Electeur de Bavière venoit de rentrerk nt partí a ’de ^ ans ^ P 3 ™ àpàial; il publia contre les Ministres & les Généraux deL Empereur. Suede une espece de manifeste pour justifier fa conduite; Les Suédois yJ64S. répondirent, & ces préliminaires furent aussitôt suivis d’une guerre ouver-te. La jonction des Bavarois donnoit une grande supériorité aux Impé-riaux; Wrangel sentit tout le danger auquel il étoit exposé, mais trop ha-bile, pour ne pas prévenir le malheur dont il étoit menacé, il forma le. deíîèin de fe rapprocher de Konigsmarck, qu’il joignit avec la plus grandeCnnerèsde Agence. Le fort qui paroissoit favoriser les armes Autrichiennes, occasion-Munster. na différentes impressions dans l’assemblée qui continuoit de sc tenir àMunster: les uns relevoient, avec orgueil, les espérances de l’Empereur,tandisque les autres l’obligeoienr, avec timidité, d’accorder tout ce qu’011exigeoit de lui.
Cependant le Général Wrangel s’avançoit dans le dessein dè joindre uneseconde fois son armée à celle du Vicomte deTurenne;peu de temps aprèscette jonction, le défaut de vivres obligea les Généraux à prendre des rou-tes différentes; Wrangel fe proposoit d’entrer en Bavière & d’y établir lethéâtre de la guerre, mais le Vicomte de Turenne s’y opposa: le GénéralSuédois reprocha au Vicomte que lâ France paroissoit entretenir de fecret-tes intelligences avec la Bavière; il est vrai que Louis XIV n’avoit au-Xéunion cune envie de ruiner l’Electeur de Bavière, il vouloir feulement le punir',nouvelle des d’avoir rompu le traité d’Ulm, & le contraindre, par la force des armes,Armées à abandonner une seconde fois l’Empereur , afin de forcer ce Prince d’ac-t^Suéïfoi 1 ' corder à la France les conditions qu’elle exigeoit: c’étoit là toute la politi-a0je ‘ que de la cour de France. Les deux Généraux, nouvellement réunis,
Gj) Tieal, Europ. T. 4. p. 1139. (2) Londorp T. 6. p. i82 v