D’ALLEMAGNE. LIV. XXV. Se ct. XII. Z 25
marchèrent ensemble, pour chasser les Impériaux au-delà du Danube; le Hìst.d'ht.Vicomte qui commandait l’avant-garde de Farinée des confédérés, fit har- lemagne,celer l’ennemi par ses dragons, pendant que fa cavalerie s’avançoit au grand ^L-16 48.trot ; les François furent d’abord repouíles, mais le Vicomte les fit soute-nir par son régiment de cavalerie, qui renversa les Impériaux & se renditmaître de leur canon: le Général Mélander qui commandoit Favant- garde,étant accouru pour réparer ce désordre, reçut deux bleflures qui le mirenthors de combat; les Impériaux allarmés s’ébranlerent, & le canon ennemicontinuant de les écraser, jetta la terreur dans l’armée Impériale: Mélan-der, porté fur des piques, par quatre grenadiers, & couvert de sang,pouvoit à peine parler; la colere & la douleur semblant lui rendre quel-ques forces, il tenta de rallier quelques régimens, quand une volée de ca-non ayant tué deux grenadiers & emporté les piques, Mélander renversé,mourut sur le champ, & dans le moment la déroute devint générale. Le Mort de-Vicomte & VVrangel arrivèrent près de la ville de Rain & entreprirent d'en Mélander.-forcer le pont, dont la tête étoit défendue par un petit fort; la garnison,se voyant attaquée vivement, mit le feu à des fascines, d’où il se commu-niqua au pont: le Vicomte, pour arrêter Fincendie, fit passer à la nagedeux compagnies de soldats, qui arrivèrent à temps, pour éteindre le feu; e/j$?™ e elle pont fut conservé, & les alliés passèrent le Leck, malgré le canon de Zâtresdeia-la ville; & alors les deux Généraux victorieux entrerent dans la Bavière, Bavière,qu’ils trouvèrent presque déserte, pareeque Fépouvante en avoit fait fuir leshabitans (i)»
Cette chaîne de malheurs qui entourait FÀllemagne, devoit fans doutelui faire desirer la paix : il en survint de nouveaux ; Konigsmarck qu’aucunobstacle n’arrêtoit, parcequ’il étoit également habile à les prévoir, & à lesprévenir, forma le hardi projet de faire des conquêtes avec un corps com-posé seulement de huit à neuf mille hommes ; ses succès paílèrent de beau-coup les espérances qu’une armée si peu forte avoit pu faire concevoir. Siégé dtAprès la prise de plusieurs places importantes, il osa prendre la téméraire Prague parrésolution de surprendre la ville de Prague. Comme le secret est Faméde ces sortes à’entreprifes , il dissimula son dessein & fit courir le bruit ‘
qu’il vouloit assiéger Pilfen; il s’en approcha en effet, mais c’étoit pourattirer de ce côté là une partie des troupes Impériales qui auraient pu fai-re échouer son projet;ces mesures furent si bien prises, que les habitans dePrague, exempts de tout soupçon, sur le sort qui les menaçait, vivaientdans la sécurité la plus profonde. Konigsmarck ayant fait cacher ses trou-pes dans un bois, s’avança la nuit, à la faveur de Tobfcurité;. les soldatseurent des rameaux verds à leurs chapeaux pour se reconnaître; cent mous-quetaires marchaient à la tête, suivis de trente hommes armés de haches& de gros marteaux, pour rompre les portes & abattre les ponts -levis^vers le milieu de la nuit, ils arrivèrent à la Montagne , qu’on nomme-WeiJJenberg-. Fa, Konigsmarck entendit dans la ville un bruit qui Finquié-ta; mais ayant reconnu que c’étoit la patrouille, il lui laiíla le temps d’â-chever fa ronde;.ensuite, les fantassins se coulèrent fans bruit derrière le-
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A) Puffendorf L. 20.