8-6 HISTOIRE DE L’È M P I R E
Sect. XII. couvent des Capucins ; la premiers sentinelle fut à l’instant précipitée dansHist. d AU i e foíTé, & la lèconde prit la fuite. De-là, les Suédois marchant à la porte1558-1648. c l ui du côtó du couvent de Strohof, surprirent le corps de garde & le
-- paslèrent au fil de l’épée r dans le moment la porte fut enfoncée & le pont
abattu. L’infanterie qui attendoit à peu de distance de la place, accourutaussitôt & fe jetta impétueusement dans la ville. Konigsmarck averti, parPrise de les cris de la joie & par ceux de la terreur, y entra avec fa cavalerie, &Fra f^ ) a dans l’instant tout fut soumis. Fier du succès brillant de fa témérité, ilpetTel* a cruc cependant devoir consulter la prudence avant de pénétrer dans la vieillePrague, où il n’ignoroit pas, qu’il y avoit une garnison de huit centshommes ; & s’il ne recevoit point promptement des renforts , loin de pou-voir emporter la vieille ville, à peine pouvoit - il fe flatter de conserver faLe Comte conquête. Wittenberg, qui faisoit la guerre en Silésie,accourut à son secours,ie Bmtchain tandis que le Comte de Bouchain se jetta précipitamment dans la vieille Pra-Tourl 7 e la & ue P our la âésendre. Cette ville, ainsi partagée entre les Suédois & lesvieille P r a- Impériaux, devint le théâtre d’une guerre fort vive qui dura près de troisgue. mois. Un corps de huit à neuf cens hommes, commandé par Charles-Gustave, Prince Palatin , étant arrivé de Suede pour renforcer la petitearmée du Comte de Konigsmarck, ce Général entreprit alors de réduirela vieille ville. Les habitans, désespérant d’être secourus, demanderent àcapituler; le Prince Gustave refusa les conditions: cependant la vieille Pra-gue étoit battue en brèche ; les bombes pleuvoient sor les maisons & lamoitié de la ville étoit en cendres, lorsque la crainte de perdre cette place& tout le Royaume de Bohême, détermina enfin l’Empereur à conclurela paix.
Suites des Jusqu’alors les négociations de Munster & d’Osnabrug avoient toujoursnégocia - varié: parmi les difficultés chaque jour renaiíîàntes, une des principales,
j *puií° Ur àoit de savoir, si l'on céderoit à la Cour de France , l'Alsace en fief deutx ’ l'Empire, ou en souveraineté: la maison d'Autriche , voyant qu’il n’yavoit point de milieu, & ne pouvant se résoudre à donner cette provinceen fief, pour ne point donner au Roi de France, le droit de suffrage dansles Dictes, prit le parti de la céder en pleine souveraineté ; de façon qu’el-le n'eut plus désormais aucun rapport à l’Empereur ni à l’Empire. Sinsomni ad Imperatorem Imperiumve refpeSiu : ce sont les termes d’un Histo-rien Allemand très-attaché à la maison d’Autriche (i). Une nouvelledifficulté qui pouvoit encore reculer le moment de la paix, c’est que cha-que Puiílànce vouloit remplir ses coffres, pour sc dédommager des fraisLes Sué - qu’elle avoit faits. Les Suédois surtout menaçoient de ne point quitteràiis exigent leurs armes, fi l’on ne leur donnoit cinq millions d écus, dont trois étoientUonsd'écu destinés au trésor de la Couronne, & les deux autres, aux officiers & auxqu'on leur ’ soldats. Après de longues contestations, sept Cercles s’engagerent à lesdmne, payer. Cependant le traité entre l’Empereur & la Suede fut lu & arrêtéle 6 d’Août 1648. Les Ambastàdeurs Suédois protestèrent, par écrit, quece traité n’auroit son exécution, que lorsque la paix avec la France seroitconclue. On y travailloit efficacement; mais l’Empereur voulant retenir
(r) Adam Adami Pacific, JFcfiphal. C. 16. n. 1.