D’A L L E îl A O N E. Liv. XXV. Sec t. Xlll. 5^
garnisons Allemandes, qu’on avoir introduites dans leurs villes fous prétexte Hist. d’/U-de les défendre contre les Turcs. La cour ne répondit h ces demandes, lemagne,qu’en envoyant de nouvelles troupes en Hongrie; alors l’audace du peuplene connut plus de bornes ; & les chefs de l’état indignés de ce que leConseil Impérial ne leur laiífoit aucune part dans le gouvernement, ne fi-rent aucun effort pour contenir la fureur des mécontens. Les Comtes deSerini, de Frangipani, de Nadasti & de Tattembach, fe mirent à la têtedes rebelles : les Turcs offrirent de faire marcher cent mille hommes à leur c ?nfP íra -secours & le secret de la conspiration n’avoit point encore cc.Iatté, lors- ’’ r ‘ iequ’un valet de chambre du Comte de Tattembach, dévoila aux officiers de contreLéopold le crime de son maître & le nom de Ces complices. Une lettre ì'Emperenf.du Comte de Frangipani jetta un nouveau jour fur les complots qui fe tra- l 6 ( 5 8 .m oient contre la maison d’Autriche ; l’Empereur convoqua une assembléeà Neufohl dans le dessein de pacifier, s’il étoit possible, les troubles dansleur naislânce ; mais les Hongrois demanderent avec hauteur qu’on resli- Lépold con-nût aux Protestons les temples qu’on leur avoir enlevés, que le^ troupes le à sAllemandes eussent ordre d’évacuer les places, dont elles s’étoient emparées , pqr eu johi,
& qu’enfin ils ne fussent plus privés du plus sacré & du plus ancien de 1C69.leur privilèges, celui do fe défendre eux-mêmes. Les Ministres de l’Em-pereur firent de vains efforts pour calmer les esprits, & l’on ne s’occupaplus à Vienne que du projet de soumettre les mécontens par la voie desarmes.
L'affaire du comté de Saarwerden que le Comte de Naflàu, soutenu de'
LouisXIV, réclatnoit du Duc de Lorraine, occupoit alors la.Dicte de Ra-tisbonne, qui ordonna à ce dernier de céder au Comte de Nafiùu quelquesvillages du dit comté, en attendant que cette affaire fut terminée ; fur cesentrefaites Charles de Lorraine s’allioit avec l’Empereur, qui demanda dusecours à la Dicte & par son commissure fit part aux trois colleges de la i67v-révolte du Comte de Serini & de son intelligence avec les Turcs: le CorpsGermanique promit à l’Empereur 26000 hommes, lorsque les disputesqui s’éleverent dans l’aílemblée, fur la quantité de troupes que chaque Cer-cle devoit fournir , rendirent inutiles pour l’Empereur la bonne volonté dela Diete. Tandis qu’on délibéroit à Ratisbonne fur la maniéré dont on de-voir secourir l’Empereur, le Général Spankau s’emparoit de Schaketorn,où les Comtes de Serini & de Frangipani s’étoient retirés ; ces deuxSeigneurs eurent le bonheur de fe sauver, mais trahis bientôt après, par leComte de Kéri qui leur avoir donné un asyle, ils furent arrêtés & conduitsà Vienne: le Comte de Nadasti eut le même sort; c’éroit celui des conju-rés contre lequel on formoit les imputations les plus graves, on l’accufoitd’avoir fait périr l’interprête Panajotti, qui avoir découvert ion intelligenceavec la Porte, d’avoir tenté d’empoifbnner Léopold dans (1) une fête àlaquelle il l’invitòit, enfin d’avoir poussé la-barbarie jusqu’h donner la mort t
à son épouse qui avoir voulu le détourner de ces complots funestes. Oninstruisit ie procès des coupables ; ils avouèrent qu’ils avoient eu dessein
(r) Mémoires historiques itu Comte Betiem Niclos. Mémoires pour l’hstoire de i’Eu-rope, depuis 1600 jusqu en 171Í.
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