55 6 HISTOIRE DE L’E M P I R E
SrcrXlïl. par un traité conclu le 7 Janvier 1681, la féodalité des seigneuries de Ko-Hist. ci’AI- then, & de Bernbourg, ne se réservant pour lui, que le droit de fucces-mo-?705 lion éventuelle, dans le cas d’extinction de la ligne masculine d’Anhalt._ 1 Cet arrangement exécuté presque sans obstacles, intéressa peu TAllemagne :
Strasbourg un autre objet attira son attention & excita une indignation générale (1):
Je soumet au j a ville de Strasbourg sc soumit au Roi de France, qui lui conserva sesFrance 6 privilèges; on vit auilitôt une fermentation générale dans l’Empire ; un cride guerre rétentit dans toutes les'parties de TAllemagne; on vouloir, àmain armée, arracher à Louis XIV cette nouvelle conquête, & renverserles projets d’un Prince qui étendoit les bornes de fa puistànce par la maniérédont il usoit de la paix , comme il l’avoit étendue par la guerre. Le Iloi deSuede, qui l’accusoit d’avoir sacrifié les intérêts de scs alliés aux siens, in-vicoic tout le Corps Germanique, à se réunir contre lui, & lui promettoicde le seconder; déjà, sans consulter ses forces, fans prévoir quels moyenson avoit pour faire la guerre, quelles ressources on trouveroit, si elle étoicmalheureuse, on alloit la déclarer; quand le Roi de Dannemarck & TE-lecteur de Brandebourg, représentèrent, combien il étoit dangereux d’envenir à une rupture dans l’état d’épuisement, où se trouvoit l’Allemagne,que les succès seroient peu avantageux & les revers très funestes, qu’il fil-loit laisser au Corps Germanique le temps de réparer ses forces, qu’ensin ilfalloit tenter au moins la voie de la négociation, avant d’en venir à ces ex-trémités. On suivit ce conseil ; & Tassasse fut portée au Congrès de Franc-fort: on y vit arriver le Comte de Rofenberg, Ministre Plénipotentiairede TEmpereur, les Députés des trois Colleges de l’Empire, & Harlay &Saint Romain, Ministres du Roi de France: ceux-ci connoissoient ratta-chement opiniâtre des Allemands au cérémonial ; ils n’avoient en vue quede prolonger la négociation, & de faire naître tant de différends fur laforme, qu’on n’eut pas le temps d’examiner le fonds: ils présentèrent descahiers écrits en françois : toute TAllemagne, qui parle françois aujour-d’hui, en fut révoltée; ils exciteront ensuite les Ambassadeurs de TEmpe-reur à refuser à ceux des Electeurs le titre d’Excellence; ceux-ci traitè-rent de même les Ministres des Princes: Harlay & Saint Romain échauffè-rent adroitement ces querelles, & jouèrent si bien leur rolle, qu’on auroitcru qu’ils attachoient beaucoup d’importance à Tétiquette. Pendant tousces débats, dont on s’occupoit sérieusement à Vienne & à Francfort, &dont on rioit à Paris, Tautorité de Louis XIV s’affermissoit dans Stras-bourg; il jouissoit, en attendant, qu’on lui disputât fa jouissance: l’examende Tassasse des réunions fut renvoyée à la Diete générale ; mais comme onprévoyoit qu’il faudroit prendre les armes tôt ou tard, & que l’ambicionde Louis XIV ne scroit jamais rassasiée, si Ton n’y mettoit un frein, onmit TEmpire dans un état respectable de défense; on fit de nouvelles le-vées , & Ton rendit les troupes plus redoutables encore par la nouvelle1682. discipline à laquelle on les assujétit. Charles-Gustave, toujours persuadéque le Roi de France avoit trahi ses intérêts, quoiqu’il les eût soutenus,
(O Histoire à'Alsace L. 23.