564 HISTOIRE D Ë L’E M P I R E
Sect.XïII. en Allemagne, & fut mieux exécuté encore; en un moment le Palatinat,Hist. d'AI- le Margraviat de Bade-Bade, celui de Bade-Dourlach ,n’offrirent aux yeuxleimgne,^ q Ue âes ruines & des cendres;les soldats couroient de maisons en maisons,
1 49-1705. le flambeau d’une main, pour allumer l’incendie, l’épée de l’autre, pourécarter les habitans qui vouloient l’éteindre ; toute cette contrée ne futqu’un vaste bûcher : on laisla la vie aux habitans ; ils erroient au milieu desvilles, des bourgs, des villages, consumés par les flammes , tournant legyeux vers leur patrie qui n’étoit plus, cherchant un asyle & ne trouvantque des débris encore fumans: à í’afpect des François occupés à cette des-truction , on crut revoir les Huns , les Goths, & les Tartares ; les chefs-d’œuvres des arts ne furent point épargnés; la rage stupide du soldat s’atta-choit de préférence aux plus beaux édifices; Spire, Worms, Frankendal,Oppenheim , quarante autres villes furent ruinées jufqu’aux fondements;quant aux bourgs & aux villages, il seroit impossible de les compter; lesmorts ne furent pas plus respectés que les vivans; la profane avarice dusoldat, alla chercher des richeíles jusques dans les cercueils; elle ouvritmême ceux des Empereurs. La Chambre Impériale de Spire fut anéantie,comme le reste ; les Magistrats qui composoient cet auguste Tribunal, aprèsavoir erré longtems, s’arrêterent à Wetzlar, où ils fixerent leur séjour : aurécit de ces horreurs, les soldats indignés demanderent qu’on les menât àl’ennemi; deux armées se raflèmblerent, l’une sous les ordres de l’Electeurde Brandebourg, l’autre commandée par le Duc de Lorraine;celle-ci s’em-para de Mayence ; l’autre prit Rhinbergen, Keiserswerth & Bonn; enfinles troupes Françoifes furent battues à Walcourt dans les Pays-bas parles Alliés: tels furent les évenemens les plus mémorables de cette cam-pagne.
Le Roi de Dannemarck étoit demeuré fidelle à la France; mais ccRoyaume épuisé d’hommes & d’argent, en trouvoic à peine assez pour sedéfendre. Christiern V se vit reflèrré par l’Electeur de Brandebourg, leRoi de Suede, & les Ducs de Brunswick-Lunebourg; envain espéroit-ilque Louis XIV le tireroit du mauvais pas, où il s’étoit engagé ; il futcontraint de signer la transaction d’Altona , par laquelle il restitua au Ducde Holstein-Gottorp les Duchés de Schleswick & de Holstein, pour lesposséder en toute souveraineté, conformément aux traités de CoppenhagueMort de & de Fontainebleau ; & celui ci renonça à toutes ses prétendons fur laFrançois- succession d’OIdenbourg. Une autre succession divisoit les esprits en Alle-JuUs , Duc magne; c’étoit celle de François-Jules , dernier Duc de Saxe-Lawenbourg,Lawen- fl uì ne Lissa point d’enfans mâles ; l’Electeur de Saxe,' les Princes d’An-beurg. hait, les Ducs de Lunebourg-Zell & de Hanovre , les filles du DucFrançois Jules, qui mettoient ce Duché au nombre des terres Allodiales,(r) prétendoient à cet héritage , & l’affection de l’Empereur pour lamaison de Brunswick Lunebourg la lui fit adjuger. L’Electeur de Saxe luirendit ses droits, en se réservant celui de succession éventuelle; les fillesdu feu Duc avoient épousé le Comte Palatin de Neubourg , & le Mar-grave de Bade-Bade: les vastes possessions de François-Jules en Bohême
(O Oazstte de France,