D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. SncT. XIII. 569
tifs de guerre pour soutenir ses prétentions; & il alloic entrer à main ar- Hist. d’Al-mée dans la baflè-Saxe; mais la mort 1 arrêta, & délivra l’Europe d’un lemagne,Prince turbulent, l’Empire d’un voilin dangereux, la France d’un ennemi Ig 49- i?Q5.irréconciliable.
Cependant on négocioit à Ryswic ( 1 ); les premieres difficultés étoientapplanies, & l’on commençoit h s’occuper sérieusement de l’objet pour le-quel on s’étoit aflèmblé ; l’Empire, qui s’étoit répenti d’avoir remis ses Traité dcintérêts entre les mains de Léopold, lors du Congrès de Nimégue, se gar- Ryswic.da bien de les lui conlier pour celui de Ryswic; il y envoya une députa-tion solemnelle, composée de quatre Ministres du College des Electeurs,de vingt-quatre Ministres du College des Princes, & dc quatre députésdes Villes, dont deux Catholiques, & deux Protestants. Cette multitude denégociateurs scmbloit annoncer que la négociation seroit longue & sansfruit ; mais de part & d’autre, on étoit las de s’égorger, & la paix étoitdevenue un besoin pour les Rois, comme pour les peuples; & l’on con-clut, comme k Nimegue, plusieurs traités particuliers entre les Puiílàncesbelligérantes. Par celui qui rétabliffioit la paix entre l’Empire & la France,
Louis XIV demeuroit en poflèiîion de la ville de Strasbourg, & de tou-tes les Seigneuries d’AIsace, qu’il avoit réunies à fa Couronne; il resti-tuoit à l’Empereur Fribourg & Brisac, à l’Empire les fortereflès de Kehlòc de Philipsbourg, & toutes les villes, terres ,&seigneuries qu’il avoit réu-nies hors de l'Alsace,avec cette clause expresiè,que dans tous les pays resti-tués, l'exercice de la Religion Catholique demeureroit dans le même état,où il étoit à l’époque de la conclusion du Traité de Ryswic: on démolitde part & d’autre tous les forts construits dans les isles du Rhin, & furla rive droite de ce fleuve, vis-à-vis du Fort-Louis, de Strasbourg, & deIluningue. On rendit au Duc de Lorraine la poflèiîion libre & indépen-dante de son Duché, à condition qu’il abattrait les fortifications de toutesses places: celles de Longwy & de Sar-Louis demeureront à la Fran-ce; cette Puiflànce donna un équivalent, & obtint les passages qu’elle exi-geoit. Quant aux objets de la succession Palatine, contestés entre l’Elec-teur Palatin & laDuchestè d’ Orléans, on nomma des commiíTàires pour exa-miner leurs prétentions respectives ;& si leurs opinions étoient partagées, ilsdévoient prendre le Pape pour juge.
Les Lorrains volèrent au devant de leur Duc; ils virent avec joie l’hé-ritier & l’image du héros , qui n’ayant pn défendre fa patrie l’avoit dumoins honorée par son courage. Tandis que ce Prince remontoir fur letrône dc ses peres, l’Allemagne voyoit un de ses Princes monter fur celuide Pologne : cette République avoit perdu un Roi qu’elle admirait, qu’el-le n’aimoit pas, un Roi dont Charles XII disoit „ grand homme, tu ne„ devois jamais mourir”: paroles qui furent répétées par toute l’Europe.
Sobieski n’étoit plus: l’avarice de la Reine son épouse nuisit à se s fils, & lesempêcha de lui succéder: deux factions proclamèrent en même temps l’uneìe Prince de Conty, l’autre l’Electeur de Saxe; le premier fut mal secondépar Louis XIV, qui avoit sacrifié des flottes & des armées pour Jacques II,
(D â. Mém. Hég. dc Ryswic.Tome XL.
Ccc c