57o HISTOIRE DE L’E M P I R E
Sect.XM. & qui fit peu de sacrifices pour son parent. Le parti de Frédéric - AugusteHi[l. d’AI- prévalut ; il avoir vendu des droits féodaux, pour acheter une couronne : illemagne, ^oit cédé à la maison de Brunswick -Lunebourg, moyennant une somme
__L_1_! de six cens mille écus, ses prétentions fur la succession de Lawenbourg;
L'EkUew & l’Electeur de Brandebourg avoir profité de cette circonstance pour ache-dt Saxe est ter de lui, les avoueries de l’Abbaye de Quedlinbourg, & de la ville Iro-dTp'doene pêriale de Nordhaufen. C’étoit avec cet argent qu’il avoir gagné les suf-s ' frages, trafic odieux & aviliíìànt, qui se renouvelle à chaque élection, &dont ne rougit pas cette Noblesse, qui croiroit se dégrader en faisant uncommerce honnête. Frédéric-Auguste abjura la Religion Luthérienne; laPologne parut croire à la sincérité de sa conversion ; en Allemagne on ycrut si peu, qu’on lui conserva le Diretstoire du Corps Evangélique, &que les Protestants ne balancèrent pas à le charger de leurs intérêts. L’ab*juration politique de Frédéric - Auguste, les allarmoit beaucoup moins quel’article du traité de Ryswic, par lequel la Religion Catholique devoirêtre maintenue dans tous les pays restitués, où Louis XIV l’avoit rétablieavant le traité : l’Electeur Palatin, à la faveur de cet article, se livroit àtous les mouvemens de son zele pour le Catholicisme. Les Protestantscrurent toucher au moment où ils alloient voir leur culte aboli dans le Po-latinat. L’Electeur de Brandebourg, s’imagina que la persécution qu’efi-suyoient les Luthériens, lui donnoit le droit de persécuter les Catholiquesd’Halbersladt & de Minden. C’est ainsi que de part & d’autre, on suivokl’esprit d’une Religion qui défend les représailles, & qui ne nous permet,dans quelque secte que ce puisse être, de nous venger des outrages, quepar des bienfaits. De cette conduite respective, on vit naitre des animo-sités, qui pouvoient rallumer les guerres de Religion, dont le flambeaulembloit éteint depuis le traité de Westphalie.
Léopold parut prendre peu de part à ces troubles; un intérêt qui luiétoit plus particulier, tournoit ses yeux vers l'Espagne. Charles II vivoitencore, & déjà l’on le difputoit fa succession, on la partageoit, on faisoit;ôS 9 . des traités & même des préparatifs de guerre : en efïèt Charles étoit fur lebord de fa tombe; Léopold prétendoit être son héritier universel, à for-clusion des femmes ; il étoit chef de la branche cadette de la maison d’Au -triche, à laquelle, selon lui, appartenoit la succession de la branche aînéeau défaut de postérité masculine; il oublioit, que, dans Tordre de la suc-cession Castillane, les defeendans femelles excluent les collatéraux mâles.D’après cette disposition, le Dauphin de France, neveu de Charles II &petit-fils de Philippe IV par fa mere; le Prince Electoral de Bavière, petis-fils du même Prince, mais par une mere née du second lit; le Duc d’Or-léans, frere de Louis XIV & petit-fils de Philippe III, par fa mere Amied’Autriche, avoient des droits préférables ìt ceux de Léopold, aussi pede-fils de Philippe III, niais né d’une fille cadette: après lui venoit le Duc cleSavoye, arriere-petit-fiîs de Philippe II,par Catherine fa bilayeule. Le Roide France négocia avec le Roi d’Angleterre & les Provinces-Unies & corf-clut un traité de partage, qui donnoit au Prince Electoral de. Bavière,l’Efpagne, les Pays - bas & les Indes; au Dauphin, les Royaumes de Na-zies & de Sicile; à f Archiduc Charles, second fils de Léopold, le Duché