D’ALLEMAGNE. L r v. XXV. Se c t. XIII. 5 7 x
de Milan. Charles II, indigné d’un procédé que l’on n’auroit pas envers Hist. d’Al-le dernier des hommes, donc on craindroit de troubler les derniers mo- lemagne,mens par des idées affligeantes, annulla ce traité par un testament, qui in- 1649-1705.llitm le Prince de Bavière son héritier universel: mais la mort du Prince , 7CElectoral changea la face des affaires; on fit un nouveau traité de partage,que Charles II annulla par un nouveau testament, dans lequel il instituoit leDuc d’Anjou son héritier universel, & mourut un mois après, fans prévoirque sa derniere volonté feroic la cause d’une guerre sanglante entre les mai-sons d’Autriche & de Bourbon, (i)
Cependant Charles XII écoic aux prises avec des ennemis qui avoient mé- Plaintesprisé sa jeunesse, & qui avoient regardé ses états, comme un pays qui al- inutiles duloit appartenir au conquérant le plus heureux; déjà les Saxons étoient en-trés dans la Livonie, & les Danois dans le Duché de Holstein : le Roi r TdeSuedede Suede & le Duc porterent leurs plaintes à la Diete de Ratisbonne; on àkDietedeles écouta, fans les satisfaire (2). Charles n'attendit plus de secours que Ratisbonne,de lui-même; il lui étoit plus aisé de gagner une bataille ou de conqué-rir une province, que de déterminer une Diete à prendre un parti; il fitla guerre, & laistà les Etats d’Allemagne délibérer à loisir dans leurs aíTem-blées. D’ailleurs le Corps Germanique étoit occupé d’intérêts plus preíïïms;
Léopold avoic donné une seconde investiture à Ernest - Auguste ; & lesPrinces correfpondans lui refusoient toujours le titre d’Electeur, lui fer-moient constamment l'encrée du Collège Electoral. Ils s’appuyoient fur 1
le traité de Westphalie, qui statuoit qu’un nouvel Electoral ne pourroitêtre créé fans le concours des trois Colleges; enfin ils convinrent de levervingt-quatre mille hommes, & de s’opposer à cette création ; ils réclamè-rent même Pasiìstance de Louis XIV & de Charles XII. Celui-ci étoit•trop occupé de ses conquêtes, pour prendre part à cette affaire ; mais leRoi de France déclara, qu’en qualité de garant du traité de Westphalie, ils’opposoit à l’érection du neuvieme Electoral, & qu’il prendroit les armes,s'il le falloir, pour l'anéantir: il s’estima heureux de fomenter les discor-des intestines de l’Empire dans le moment où la succession d’Espagne, al-loit le mettre aux prises avec la maison d’Autriche. En effet Léopold pro-testa contre le testament du feu Roi Charles II: il exposa ses droits; lamaison de Bourbon fit valoir les siens: on disputa quelque temps; enfinon employa de part& d’autre la derfliere raison des Souverains, les bras &le sang du soldat. L'Empereur se repentit alors d’avoir aigri les espritspar son obstination à vouloir ériger la Hannovre en Electoral; il demandades secours pour conquérir l’Espagne ; les Etats lui déclarèrent qu’ils étoientrésolus de garder une exacte neutralité, que, simples spectateurs de cettegrande querelle, ils ne conspireroient, ni à faire réussir ni à faire échouerses desseins. Les Cercles de Suabe & de Franconie, se liguèrent de nou- j^ re rr e &veau pour leur défense commune, au cas que Forage vînt à fondre fur ces VEledeurcontrées. L’Electeur de Brandebourg sçut profiter des besoins de l’Empe- <ie Brande-reur, & de l’abandon où tout le Corps Germanique laifibit son chef; il bm S-aspiroit à faire ériger en Royaume le Duché de Prusse; l’Empereur , 1701.
( l) V. notre Tom. 31. p. aol. £? fuiv. (a) Histoire de Charles XII.
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