EDITION in Quarto. rx
d’un autre côté, cet honneur & ce respect v que des Ensans doivent h leursParens pendant tout le tems de leur vie, & dans tous les états, ne donnentpoint aux Peres le pouvoir de faire des Loix, d’infliger des peines h. ces En-ians, ou de disposer de leurs biens ; il est néanmoins aisé de concevoir,que, dans les premiers Siécles du Monde, un Pere de Famille doit natu-rellement en être devenu le Prince; & la même chose sc seroit encore denos jours, si les Familles étoient auífi séparées les unes des autres quellesl’étoient alors. Un Pere a eu de Fautorité fur ses Ensans, depuis les pre-mières années de leur vie ; & comme il leur est impossible de vivre ensem-ble sans quelque espece de Gouvernement, n'est-il pas juste que, par leconsentement exprès ou tacite des Ensans devenus grands, le Pere continueà les gouverner? A qui obéiroient-ils, sinon à celui dont ils ont toujourssuivi les directions pendant leur jeunesse, & qu’ils ont toujours regardé com-me juge de leurs petits différends? Nous appelions leurs différends petits,parce qu’il y a lieu de présumer, que le peu qu’ils possédoient, & l’inno-cence de leur âge, ne permettoient pas qu’ils en euslènt d’un autre genre.Que si la chose est arrivée, quel autre Arbitre pouvoient-ils choisir qu’unPere, qui avoit eu foin de leur éducation, & de la tendresiè de qisi ilsétoient tous les objets? Un pareil Gouvernement, bien loin de les gêner& de leur faire de la peine, devoit, au contraire, assurer leur tranquillité,leurs biens, & leur liberté.
De cette maniéré, des Peres de Famille, par un changement insensible,ont pu devenir des Monarques Politiques ; & lorsqu’il leur arrivoit de vivrelongtems, & de laisser de dignes Héritiers, fonder des Royaumes héréditairesou électifs, dont la constitution étoit différente suivant l’influence que le ha-sard, la nécessité, ou d’autres circonstances avoient eue fur leur origine sas.
Ainsi, Noé étant le Pere commun du Genre - humain renaiílànt, nous nesaurions douter que tous ses Descendans ne l’ayent regardé comme leur Su-périeur. Après lui, ses trois fils, Sem, Cam & Japhet, ont eu apparem-ment la même autorité, chacun fur fa Branche, & ainsi de fuite. Par exem-ple , chaque Fils de Sem , en qualité de Chef de fa propre Famille doit,non seulement avoir jugé les différends survenus entre lès ensans, mais doitprobablement 'aussi leur avoir donné des Loix, restreintes néanmoins à fesDescendans particuliers; car pour ce qui regarde les disputes qu’il peut yavoir eu entre leurs Familles, Fautorité de ces Familles étant égale, elles doi-vent avoir eu recours à la décision de Sem leur Pere commun, dont fautoritéétoit aussi bornée h fes propres Descendans: si-bien que s’il étoit survenuquelque différend entre lui & se s Freres Cam & Japhet, Noé auroit dûnécessairement être leur Juge, en qualité d’unique Supérieur commun.
O) Locke of Gouvernement, Treatise II. c. 6. &c.
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ll se chan-ge e» Geu-vernementMonarchi-que.
Police deNoé ê? dese s pre-miers Des-cendans.
Tome XLIT.