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42 (1780) La continuation de l'histoire du royaume de Pologne, l'histoire du royaume de Prusse, celle de l'empire de Russie et les cinq premières sections de l'histoire du royaume de Suède
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Sect. IV.Hifl. dcPologne.1300-1445.

Nouveauxravagesdes Cheva-liers en Po-iogtie.

Harangued? Uladiflasà son ar-mée.

6 HISTOIRE DU ROYAUME

II les conduisit par des chemins si sûrs & si cachés, que Slupcza étoit déjàcn cendres, avant que le jeune Casimir eût avis de leur arrivée; il eut h peinele temps de s’évader de Pysdry: leurs succès enflèrent leur orgueil; ils médi-tèrent la conquête de la Pologne entiere, firent des levées en Allemagne,en Livonie, & le Grand Maître Ludolphe de Brunswic se vit h la tête d’unearmée formidable; les Palatinats.de Kalisch & de Siradie furent subjuguéspresque en courant. Uladiflas, malgré le poids des années, se traîna encoreà la rencontre de ces conquérans ; mais son armée étoit trop foible pour ten-ter une bataille : il chercha à ruiner l’ennemi en détail. Cependant Samoluty,témoin des orages qu’il avoit attirés fur fa patrie, étoit déchiré de remords.Chaque fois qu’il voyoit égorger un Polonois, brûler une bourgade, amenerune famille en esclavage ; il 1e disoit ; c’est moi qui ai commis tous ces cri-mes , c’est moi qui ai frayé le chemin de la Pologne à ces monstres avidesde sang,qui,après avoir versé celui de mes compatriotes, s’abreuveront peut-être du mien. Au milieu de ces tristes réflexions, un émiílàire d’Uladistas vintlui offrir fa grâce & l’amitié du Monarque, s’il vouloit feulement renoncerau parti qu’il avoit embrassé : il fit plus, il le trahit ; il donna au Roi un pland’attaque, d’après la connoiflànce qu’il avoit de la position de l’armée Tcu-tonique: elle étoit campée à Plowcze près de Radzìeiow. Uladiflas, à la fa-veur d’un brouillard épais, & d’une nuit obscure, s approcha des retranche-mens: tout y repofoit dans une profonde sécurité. „ Mes compagnons”, ditUladiflas h fes soldats, ,, les voilà ces hôtes perfides à qui notre pitié avoit„ donné un asyle ; les voilà ces ingrats qui sc font fait contre nous des armes„ de nos bienfaits; les voilà ces sacrilèges, qui sc disent les défenseurs de la„ Religion, & qui vont porter jufqu’aux pieds des Autels le meurtre, le„ viol, le larcin, tous les crimes & tous les vices: tout dort dans leur camp ;„ vous entendez seulement quelques cris plaintifs & douloureux; qui les„ poufle ces gémiflèmens? ce font vos femmes, vos freres, vos enfans, que„ ces barbares ont réduit au plus affreux esclavage. Ah ! si vous étiez vous-„ mêmes enchaînés dans ce camp, penfez-vous qu’ils ne franchiroient pas„ ces retranchemens pour vous secourir? Allons; osons pour eux ce qu’ils„ oferoient pour nous : pour moi, si je puis briser leurs chaînes, je m’estime„ heureux de mourir, en les délivrant. ” II donne aussitôt le signal de Fatta-que : le hennissement des chevaux avoit déjà réveillé quelques Teutoniques ;ils couraient aux armes, mais fans ordre ; ils furent bientôt renversés ; cepen-dant les Généraux rassemblent leurs soldats, les rassurent, distribuent les pos-tes, & fe présentent à Fennemi: le combat fut sanglant, opiniâtre. Uladiflascommençoit à douter du succès ; il cherchoit des yeux, il appelloit Samolu-ty; ce Général ne paroiílòit point. Uladiflas se crut trahi;.,il sc trompoit:Samoluty s’étoit formé un corps de paysans que les Chevaliers avoient arra-chés de la charrue, pour les entraîner aux combats: il les avoit engagés àtourner leurs armes contre leurs tyrans ; en effet ils se jetteront tout à coup

te expédition, nne sentinelle vit pendant la nuit une multitude de guerriers qui combat-toient dans les airs ; & une Croix lumineuse qui remplissoit toute ratîimosphere; qu’ensuiteun tourbillon enveloppa & la Croix & farinée, aérienne & déroba tout à fes yeux. LesAurores Boréales font l’origine de toutes ces visions du peuple crédule, répéte'es par deçréduîes historiens. Supplem. ad Dusburg. hifl . f rus.