DE POLOGNE, Liv. XXVIII. Sect. IV. iz
cet exemple qu’il condamnoit, & distribua à ses favoris des biens inaliénables ; Hìst. deil y mit cependant cette condition, qu ils lui rcndroient hommage, & qu a f ologue ,l’extinction de leur Ligne masculine, ces biens retourneraient à la Couronne. J ' 3 OO I 4 45 »Caiimir avoit laide deux biles légitimes; Louis les condamna aa célibat, les Mauvaisrélégua en Hongrie, & déclara leur naiflànce illégitime: toute la Pologne en Geuveme-fut indignée. Ce Roi, qu’on avoit tant loué, avant de le voir, ne parois- m ‘ :nt dí e£soit plus louable, depuis qu’on le voyoit de près : peu jaloux de plaire, il 1,,nce 'ne daigna pas me me apprendre la langue de ses nouveaux sujets: mais cequ’on lui pardonna lc moins, ce fut de revêtir quelques Hongrois de char-ges importantes : un murmure général s’éleva & le fit trembler fur sontrône. II retourna en Hongrie, & lailîà les rennes du Gouvernement entre Cib-les mains de la Reine Elisabeth, sa mere, sœur du feu Roi. Cette Princeíïène fit que représenter dans fa cour & ne régna point. Les loix surent sansforce, la vertu íàns honneur, ì’innocence fans appui ; des brigands infestè-rent les campagnes, insultèrent mémo les villes. La Reine n’avoit d’éncrgieque pour commettre des fautes: elle déposa Prédislas de Goluchow, Gouver-neur de la Grande Pologne, dont,la fermeté & les lumières nuincenoientencore dans cette Province les loix & les bonnes mœurs. Othon de Pilczafut revêtu de cette dignité: peu s’en fallut que cette révolution ne causât unsoulèvement. D’un autre côté, Louis renonçoit solevnnelbment à toutes lesprétentions fur la Silésie, province chere aux Polonois, & dans laquelle ilsespéraient rentrer; en même temps il récablissoit I antique impôt d’un boisseau >272.d’avoine & de bled & douze gros en argent par ‘arpent-de terre, quoiqu’iîeût juré, du vivant de Casimir, de 11’exiger aucun subside : pressé par lesremontrances des Polonois, importuné par leurs plaintes, il voulut bien ré-duire la taxe pécuniaire h deux gros ; mais à condition, que s’il ne huilaitpoint d’enians mâles, ils placeraient la Couronne ( 1 ; fur la tête de i’unede ses filles. Cette proposition étoit étonnante ; la docilité avec laquelle onl’accepta ne l’étoit pas moins. Mais ils imitèrent Louis, & furent exigeans 1 274 -comiue lui; ce ne fut qu’une fuite continuelle de Capitulations entre le Sou-verain & les sujets ; ils demanderent que l’impôt de deux gros fût le seul ; on Le Roile leur accorda: ils voulurent que les Charges fussent désormais h vie, &qu’aucun étranger ne pût les exercer, & Louis y consentit; enfin ils préten- bcaucónpdirent que la Garde des fortcreffòs ne devoir plus être confiée à des Seigneurs de prìvi -trop puisiàns par leur crédit, mais k de simples Nobles: coût leur fut accordé. lc S f ^Bientôt ils donnerent une nouvelle extension aux privilèges qu’ils s’étoiencarrogés; Louis le souffrit; aussi ils les étendirent davantage : îes Dignitairesméprisèrent Les ordres d’un Roi qui ne pouvoir les priver de leurs emplois;les Gentilshommes se crurent les égaux des Palatins, dès que les ciels desfortcrcíîès surent remises dans leurs mains ambitieuses : ainsi l’autorité Royalefut ébranlée peu à peu ; ainsi se forma cette République, qui laisià si peu depouvoir à son Chef, que Pempressement qu’on montrait do le devenir, pa-roiísoit incroyable, ou insensé aux veux des sages.-
Au milieu de cet état incertain d une révolution qui n’étoit point encoreconsolidée, les Lithuaniens vinrent fondre fur la Pologne, & y commirent
( 1 ) Dluglof. Pastor. ab Iiirtsnb. Hcrburt. de Futfin*
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