DE POLOGNE, Liv. NXVHL Sect, VIII. 81
Vacant que par la concurrence d’une foule de candidats ardens h le remplacer: mst. de.on en vit un grand nombre se disputer le sceptre de Jean Sobieski. Jacques Pologne,son fils n’avoit que le nom de son pere; les Ducs de Neubourg & de Lor- 16- 6-176;.raine, l’EIecteur de Saxe & le Prince de Conti avoient des calens, des vertus: " r
mais aucun d’eux ne pouvoit soutenir le parallèle avec Sobieski: un neveudu Pape se mit auíîi sur les rangs; il présenta pour titres, ses biens, ses châ-teaux, ses tableaux, ses statues, son médailler; on luì v répondit par des pas-quinades. Celui qui étoit le plus digne de porter là Couronne, étoit lePrince Louis de Bade; il fut exclus: les suffrages se partagèrent entre lePrince de Conti, & Frédéric Auguste Duc de Saxe. Pendant que ces factionsse heurtoient, que Finsinuant Abbé de Polignac intriguoit, persuadait, & nepayoit que par de riches promeflès & des traies d’esprit le zele des partisansde la maison de Bourbon ; tandis que les Ministres de Saxe employoient dansleur négociation peu d’éloquence & beaucoup d’or, les Tartares entroientdans la Podolic, brûloient les moissons, amenoient les habicans confondusavec les bestiaux ; Gogulslas Baranowski foulevoit Farinée de la Couronne,excitoit les soldats h demander leur solde accumulée depuis dix ans ; Farinéede Lithuanie se foulevoit auffi sous d’autres prétextes, & le. Palatin de Wilnaprenoit les armes contre FEvêque, qui l’avoit excommunié. _
La ruine de la Pologne étoit inévitable, st on ne le hàtoit de lui donnerun- Maître. Une faction chancellante avoit proclamé Jacques Sobieski. Une pj ance q»faction puiflànte proclama le Prince de Conti. Frédéric Auguste II le fut par de Saxs.un parti nombreux. Le Prince Jacques fut bientôt écarté ; les factions deFrance & de Saxe resterent seules dans la lice : un Gentilhomme osa encorenommer Jacques; un coup de pistolet lui .ferma la bouche, & lui ôta la vie.
On négocia, on fc tendit des piégés, on Te fit des offres simulées ; mais Po-lignac étoit trop adroit pour se laisser tromper par la politique des Saxons ; &ceux-ci trop opiniâtres pour adopter le plan proposé par 1 Ambassadeur deFrance. On prit enfin le parti d’élire, chacun, son Roi; le Primat déclaraque la République couronnoit Louis de Bourbon, Prince de Conti ; & 1 E-vêque de Cifiavie f/t la méme déclaration en faveur de Frédéric AugusteElecteur de Saxe : de part & d’autre on chanta des Te Deum ; de part &d’autre on traita la faction opposée de rebelle & son chef d’usurpatcur. Qnprévoyois une guerre civile : Ja Saxe étoit cn armes ; une flotte apportoit le Prin-ce de Conti ; la Pologne attaquée par les Tartares alloit encore se déchirerde ses propres mains, & cependant on fa i foi t des chansons & des épigram- -mes. Ce goût pour 1 a plaisanterie, au sein des calamités, faisoit croire àquelques personnes que 1 a faction Françoise Femporteroit : le Prince de Con- Le P, ^ cl!ti parut enfin dans la rade de Dantzic ; il ne s’y montra que pour recevoirdes outrages ; tout étoit Saxon dans la ville, des troupes da cette nation raiie ( >ecouvroient les côtes: F Ambassadeur sot insulté, le Prince lui-même ne sot Dantdc,pas respecté; il remit à la voile, & retourna dans fa patrie, où l’amour de ^la nation le consola de la perte d’une couronne. Son parti sot bientôt dissi- enpé; on eflàya sur le cœur du Primat deux puiflans moyens de le ramener, Foro- 1 amour: il avoit une parente jeune & belle, qu’on appelloit Madanie la
Cardinale. La conversion du Prélat sot surtout Fouvrage de la beauté: il àdéifie XLI1. r
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