142 HISTOIRE DU ROYAUME
Ssct. T. dans des piégés inévitables : ils se cachoient dans les rochers & dans les ca-Etut de la vernes, non par timidité, mais par ruse : chez ce peuple, sart suppléoit ài a force & au nombre, l’audace & la témérité au véritable courage. (i)L’his*Uurs ruses t0 ' rc de Pologne est remplie de traits qui prouvent combien les Prussiens étoient« la guerre, habiles dans l’art de tromper l’ennemi. Devenus plus belliqueux, ils ne se conten-tèrent point de se défendre contre leurs voisins, ils se jetterent dans la Mafo-vie, y portèrent le fer & le feu, & sorcerent les Maíbviens à se soumettre àun tribut de chevaux & d étoffés: (2) ils fortifièrent tous les lieux qui enétoient susceptibles, ils acheteront des armes des étrangers, instruisirent lesjeunes gens dans Tare militaire, & se rendirent si redoutables que Phistoriende l’Ordre 1 eutonique paroît s'étonner que les Chevaliers, quoique aidés parplusieurs Princes d’Allemagne, aient pu subjuguer les Prussiens en moins de53 ans de tems. (3) Dans les sieges, ils avoient des redoutes ou tours mou-vantes, fur lesquelles ils élevoient les soldats pour porter des munitions auxassiégés :. ils fortifioient leurs camps, bâtissoient des forts fur les montagnes ;ils y plaçoient leurs signaux, de maniéré qu’ils puflènt être apperçus des en-nemis ; ces signaux étoient leurs drapeaux & étendards, fur lesquels étoientpeintes deux couronnes opposées l’une à l'autre (4). Le drapeau de Waide-vutus étoit une toile de cinq aunes de long & de trois aunes de large, furlaquelle étoient peintes les figures des trois grands Dieux des Prussiens. Lesarmoiries ou emblèmes du Roi étoient une figure humaine, jusques au nom-bril, avec une tête d’ours Lc pour supports deux chevaux. (5) Avant d’entreren campagne les Prussiens nommoient leurs chefs, dont le courage & la fidé-lité dévoient être connus de tout le monde. Le soldat ne fe mettoit pointà prix, il falloit qu’il fût choisi ; comme chacun combattoit pour ses foyers& pour ses Dieux, on n’avoit aucun besoin de les exciter; au moindre si-gne ils couroient aux armes & chaísoient Pennemi hors des bornes de leurpays. Ils ne marchoient point en tumulte & ne s’écartoient point des réglésde leur discipline ; la plus grande force de leur milice conlìstoit dans leurinfanterie. ( 6 ) Avant de marcher à Pennemi, ils confultoient toujours leursDieux par la voix de leurs prêtres, ou Waidelottes, & par l’infpection dusang qui couloir de la poitrine du malheureux qu’on sacrifioit (7). Après cecruel sacrifice, ils examinoient par quels piégés & par quels stratagèmes onpourroit surprendre l'armée ennemie ; ce n’est pas que s’il falloit combattreà découvert, les Prussiens ne fbutiníîènt avec opiniâtreté ses attaques, ne lerepouflàssent & ne tombassent quelquefois fur lui avec impétuosité. Les? historiens de l'Ordre Teutonique assurent que les Prussiens ne connoissoient
point la modération, surtout dans les combats. II ne feroit pas étonnant qu’ilseussent traité avec quelque rigueur des étrangers qui, le fer & la flamme àla main, venoient les forcer de renoncer aux Dieux & h la religion de leurspores, qui tuoient inhumainement tout idolâtre qui tomboit dans leurs mains,qui violoient les traités & qui sembloient combattre autant pour les dépouil-les des vaincus que pour la propagation de la foi. II est vrai qu’ils avoient
CO Kadluhk. Libr. 4. Chr. Pol. Cap. 79 - CO Dusb. Chr. Pruss. part. Cap. 4.(3) Idem. in plurib. locis Chr. Pr. Hartkn. DiJJ. XFIll. de milit. vet. Pr. C a') Waifs.ìn Chr. Pruss. mcormn. Lmdg. Hafs. Mag. Ord Teuton. (5) Simon. Grunov. Trait.3. Cap. 5 * Horthn. de mûit.vet. Ir. Dijs. XIIII. (<5) Hartkn. animad. ad Dusb. Chr »(art, 3. Cap. Z. (?) iimnit. ex Grunov. TraS, 3. Cap. §.