23 o HISTOIRE DE L’ EMPIRE
Siurr. 111. Au milieu de la consternation générale, il s’éleva deux âmes fortes, inca-llift. de pables de crainte, avides de gloire, ennemies des tyrans. C’étoient Andréfs'?vis08. Sapieha & Jean Buring. Le premier étoit issu dune maison illustre & puif-
_| santé en Lithuanie. Le second étoit né dans le Duché de Brunswic. Ils
Courage avoient peu de troupes, peu d’argent, point de canon; & cependant ils en-tV/iivlré treprirent de venger la Livonie. Ils harcelèrent l’ennemi, qu’ils ne pouvoientSapieha, & combattre. Buring surtout se signala dans cette guerre, enleva des convois,Burin™; porta la mort dans le camp des Ruílès à la faveur des ténèbres, tailla en pie-avanturès C es des détachemens, leur enleva plusieurs villes, & avec une poignée dede celui-ci g rave s, fatigua, désola , fit trembler cette immense multitude. Son nom futif meurt as- j a terrc ur des Rusiès & l’espoir des Livonien?. Sa gloire excita bientôt l’en-y j e ceux- meme dont il étoit le défenseur: il sut livré aux. Danois, con-duit à Wilna, & jetté dans un cachot ; mais il brisa ses fers & reparut en• Livonie. Un nouveau péril l’y attendoit. Steding confervoit con-tre lui un reííèntiment profond & ineffaçable ; il l’invite à un festin; Buringcroit que ce citoyen veut sacrifier sa vengeance à sa patrie, & embraíïèr sonennemi. II s’y rend: au milieu du repas Steding vomit contre lui un torrentd’injures, & lui propose un cartel. Buring oublia que ses jours étoient né-cessaires à la Livonie; il accepta le combat, & fit retirer ses domestiques.
. Aussitôt Steding & quelques assassins se précipitèrent sur lui, & le perçurentde plusieurs coups. Buring mourant eut encore aíîèz de force-pour étendreson ennemi à ses pieds. Ainsi périt cet homme, qui eut été le Libérateurde la Livonie, si esclave d’un fatal préjugé il n’avoit pas exposé sa .vie dansune querelle obscure & peu digne de son courage.
1-162-1567. Le barbare Iwan, délivré des allarmes continuelles que lui donnait lebrave Buring, reprit fans obstacles le cours de ses cruautés. II ruina denouveau les villes qu’il avoit déjà ruinées, brûla encore les villages qu’onavoit reconstruits, inventa de nouveaux supplices pour tourmenter les mal-heureux que le sort des combats lui livroìt, & ne laislà pas même l’honneuraux infortunées à qui il ôtoit la liberté, ou la vie; il les livroit à ses soldats.DansAfcerad cinq cents jeunes filles furent la proie de ces barbares : mais lescitoyens de Wenden sçurent éviter un pareil sort: leur patrie assiégée alloitlìèrìl- succomber. Ils se .renfermèrent dans un temple, y creusèrent une mine, lade s citoyens remplirent de poudre, puis embrasant les autels, offrant au ciel leurs inno-ve Wenden. centes vies, mirent le feu, & s’ensévelirent sous les ruines de cet asyle sacré.
Le tyran ne se reposoit des travaux de la victoire, que par le spectacle dessupplices ; souvent il se confondoit parmi les bourreaux : on le vit plus d’unefois mutiler de ses propres mains les .ennemis, qui avoient rendu les armes.Ses courtisans le íecondoient dans ce barbare emploi: celui qui surpastoit lesautres en cruauté obtenoit du.Czar un regard favorable ; mais on se gardoitbien de l’effacer lui-même en férocité ; car il est dangereux de surpasser unPrince dans l’exercice, où il croit exceller. La Livonie étoit jonchée decadavres mutilés, de meres k qui on avoit coupé les mamelles, d’eníànscoupés par morceaux, de soldats défigurés, qui expiraient fur les chemins,en implorant envain les secours de la chirurgie pour guérir leurs blessures.Des Chevaliers, des Commandeurs même de l’Ordre de Porte-glaives furentfouettés ignominieusement, avant de recevoir la mort. Guillaume de Fustem-