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42 (1780) La continuation de l'histoire du royaume de Pologne, l'histoire du royaume de Prusse, celle de l'empire de Russie et les cinq premières sections de l'histoire du royaume de Suède
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DE R U S S I E, Liv. XXX. Sect. ih. 239

aussitôt de lui présenter un beau cheval; Iwan lui donne son navet en échan-//;/? dege. Quelques Dames étrangères ayant ri indiscrètement de toutes les extrava- Ruíïïj.gances, que le Czar se perinettoit dans un festin, il les íit dépouiller nues, ‘533 nc> 8 .&, dans, cet état, les condamna k ramasser un à un plusieurs boisseaux de ~*pois, qu’il avoit fait répandre. Souvent, lorfqu’il voyageoit, il forçoit de u'/wm™*mëme les femmes les plus respectables, à quitter leurs vêtemens, & h setenir ainsi sur la glace ou dans la neige, exposées aux regards d’une cour in-solente, jusqu’k ce que toute sa suite fut passée. II se confondoit quelquefoisparmi'des voleurs & gardoit avec eux le plus parfait incognito-, un jour unde ces brigands propoik à ses compagnons d enlever les trésors du Czar ; unautre brigand s'opposa à cette résolution: un emploi lucratif & honorablefut le prix de son respect pour le Souverain. Un juge ayant reçu une oieremplie de ducats, il le fit fustiger, & ordonna au bourreau de lui demanderà chaque coup, si le goût de foie lui étoit agréable; il tint fur les fonts dubaptême le fils d’une villageoise, qui lui avoit donné l’afyle; & fit raser lereste du village, pareeque les habitans, ne le connoistânt pas, lui avoiencfermé leurs portes. Telles furent les plus belles actions de fa vie.

Cependant il ne faut pas oublier qu’il appella quelques fçavans dans ses i oíx ri i imEtats ; qu’il donna le premier un code à la Russie. ' Mais ces loix, qu’il gies par cetrouva établies & qu’il ne íit que rédiger, étoient conformes k la férocité de Prince.son caractère. Le Duel aboli tîès-lors dans la plupart des Etats de l’Europe,étoit encore en vigueur en Russie, & le fer étoit juge entre l’accusateur &l’accusé. Iwan donna par son code une nouvelle force à ce préjugé absurde& barbare. „Si le juge condamne l’accufé k se justifier prrdes armes, & lui„ assigne le rendez-vous, ce qu’il a seul le droit de faire, l’accusé lui payera„ cinquante Denaings & deux Altins , quand même les parties s’accommo-„ deroient, fans se battre : si l’accusateur & l’accusé se battent, le vaincu„ payera au vainqueur la somme qu’on lui demandoit, donnera soixante sols„ au juge, avec ses armes, & cinquante Denaings au greffier. Un homme„ accusé d’avoir nais le feu k une maison,d’avoir tué quelqu’un, doit se jusli-„ fier par le duel : s’il est vaincu, ion accusateur peut exiger ce qu’il a de„ plus précieux : les juges prendront fur son bien les sommes que l’on vient„ de fixer, & lui feront subir un châtiment proportionné k son crime... Un„ homme accusé de vol fe justifiera par les armes; s’il est vaincu, fes biens,

„ & fa personne, appartiendront h son accusateur. Celui qui veut accuser„ quelqu’un d’un crime capital, doit venir h Moscow,• se présenter devant,, le juge, & le prier de faire citer son adversaire en justice. On envoie un„ sergent chercher l’accusé : si celui-ci n’avoue pas son crime, on demande„ des témoins k l’accusateur, & 011 tait convenir l’accusateur & l’accusé,

» qu’ils s’en rapporteront k leur témoignage: f accusé peut récuser les témoins„ & demander le duel ; les juges sont obligés de le lui accorder. Us peu -„ Vent tous deux substituer des combattans k leur place. 11 ne leur est pas„ permis de faire usage de Tare & de la fléché. Leurs armes offensives sont„ le javelot, la lance, la hache, & le poignard; leurs armes défensives sont„ la cuirastè, le bouclier, & la cotte d’armes.” Nous ne nous permettronsaucune réflexion sor ces loix, qui n’en méritent pas, & pour en faire sentir1 absurdité, il n est pas besoin de les comparer au Code de Catherine U-