SlîCT. III.Hist. deRussie.1533 - 1598 .
1598.
Mort deThéodore.
Srct. IV.Hist. deRussie.15S8-I6SS.
Boris Gu.dénota..
244 HISTOIRE DE L’ E M P I R E
revint triomphant. Théodore se tourna vers Boris, & le regardant d’un œillevers; „ vous voyez, lui dic-il, reflet de mes ordres&.qu’il importe à„ í’Etat, qu’ils soient exécutés. Souvcnez-vous désormais que je fuis votre„ maître.” Boris nc douta point que fa chute ne fut certaine, s’il laiíîbitle caractère de Théodore fe développer & s affermir ; il se ménagea une fac-tion puissante , s’attacha par de nouveaux bienfaits ceux qui lui étoient déjadévoués, ramena à lui par des préfens, ou relégua loin de la cour ceux quile haïsioient; ensin, quand il crut pouvoir succéder à Théodore, il le fitempoisonner. ( 1 ) à Prince mourut entre les bras du Patriarche, qu’onsoupçonna d’avoir trempé dans cette conspiration. Théodore étoit foibie &confiant; mais il étoit juste & bon. On ne peut lui reprocher, que la cré-dule amitié pour Boris; ce sentiment dégénérois souvent en une fourmilionservile. Un Prince,dont l’elprit est borné,mais dont le cœur est pur, & lejugement íain , doit plutôt gouverner par lui - même, que d’accorder à uníèul Ministre une confiance exclusive. 11 ne fera point de grandes choses;mais il conservera les bonnes institutions, & il laissera au moins l’on Empiredans l’état où il Ta reçu ; son régné fera peu célébré, mais son administra-tion fera douce : ses actions ne porteront pas un caractère de grandeur, maisun caractère de justice. D'ailleurs, le vrai mérite se présente fi rarement à lacour; le vice y prend si bien le masque de la vertu, que toutes les foisqu’un jeune Prince choisit un favori, on peut conjecturer, qu’il donne untyran à ses sujets & à lui-même. Les plaisirs de Théodore étoient peu oné-reux pour l’Etat; mais ils étoient ridicules, & le saisoient mépriser dans un,siecle, où le choc des sectes avoir produit quelques étincelles de raison. 11passoit dans des monastères ses momens de loisir. II n’avoit pas même f am-bition d’en gouverner les moines. La fonction de sonner leurs cloches luiíèmbloit allez noble pour un Czar. La lluíììe étoit encore au douzième fic-elé, lorsque l’Europe commcnçoit à sortir des ténèbres de l’ignorance.
SECTION IV.
Régné &. mort de Gudenow; révolutions ; iwpoficurs ; prétentions de La-di/las ; régné dé Alexis; ses fils : ou depuis Van 1598 jusqu'à Pan 1689 .
T h É o d o r e n’avoit point laissé d’enfans; la race de Rurick étoit étein-te: il ialloit élever fur le trône une nouvelle famille. On soupçonnent quela mort du Czar n’avoit point été naturelle ; quelques voix audacieuses accu-
0 ) Betreitts p. £63. Chy. rau s p. 934 & T/man. Lib. CXX, racontent, que les chefs-de la noblesse voyant approcher ialin dè Théodore, le sollicitèrent de sc nommer un suc-cesseur; il répondit qu’igprésenteroit son sceptre à celui qu’il cn croyoit ie plus digne; enconséquence il l’ossroit à Théodre TSikititz lVomanow, son cousin du côté maternel & le;plus proche héritier; celui-ci ie refusa & désigna Alexandre, un de ses freres, qui n’en vou-lant pas non plus, f offrit à un autre frere nommé Jean: encore celui-ci refusa-t-ilderaccepter& voulut qu’on l’ossrít à un Kr.ès qui n’étoit point de la famille. Théodore irrité jetta lesceptre par terre, en disant que celui qui le ramasse me succède & il n’y eut que Boris-qui prît cette peine.