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H I S T O I R'E DE L’EMPIRE
Pf.ct. IV.ir-lì. deRallie.1598-ióiJp.
Mmt deZuùki,
interrompu: le sang de la nation s’épuilbit dans les combats: la mere pleu-re i t un fils, unique appui de la vieillesse; d’innocens orphelins redeman-doient au Czar leur pere mort en combattant pour lui. Basile ne sçavoicplus ni consoler, ni défendre ses sujets : les boyards résolurent de le sacrifierau bien de la patrie, & de le déposer : on publia la vacance du trône. Basi-le Zuiski ne trouva per sonne, qui o fi t embrasser íìi défense. On l’arrêta aumilieu de son palais; & on le conduisit au couvent de Czendow. C’étoitl’usege, que, lorsqu un candidat sc présentoir à la porte d’un monastère,l’Archimandrite lui demandoit ce qu’il vouloir? & il répondoit „ l’habit re-
ligieux. ” Le Prélat fit cette question au Monarque détrôné : celui-ci ré-pondit brusquement qu 7/ ne demandoit rien. „ 11 se trompe,” reprit celuiqui l’accompagnoit ; „ je sçais qu’il demande l’habit religieux avec la plus„ vive impatience.” On le rase, on le couvrit d’un froc; la Czarine eut lemême fort & on ne songea plus qu’à élire un autre Souverain. On avoirinvité les officiers Iluíses de l’armée de Nagoy à imiter les Moscovites, àchaffer l’imposteur & à se réunir avec leurs compatriotes pour procéder àl’élection: ils le promirent; mais, dès qu’ils virent Zuiski rélégué dans unmonastère, ils prêtèrent à leur chef Un nouveau ferment de fidélité.
Sigi-mond avoit conçu depuis longtemps 1e projet de monter fur 1e trônede Russie, ou d’y placer son fils. Nagoy n’étoit plus à ses yeux qu’un vilimposteur: il se flattoit de l'écarter aisément; Zuiski, aú fonds de son mo-nastère, lui sembloit plus redoutable que ce fourbe à la tête d’une armée ;tant qu’un Prince détrôné respire, l’ambition des grands, la pitié du peuple,la politique d’une Puilìànce voisine , peuvent remettre le sceptre dans sesmains. Sigismond crut qu’il falloit commencer par s’emparer de la períònnçde Zuiski: des traîtres prévinrent ses désir, enlevèrent ce malheureux Prince,& 1e lui livrerent. Zuiski étoit étonné, que dans son infortune il fut en-core un objet d’inquiétude & d’envic. II parut plus grand dans Padveríité,qu’il ne l’avoit été au faîte des grandeurs ; & fous 1e froc & fous le capu-chon, son maintien étoit celui d’un Monarque. Sigismond fut aísez lâche,pour insulter h son malheur: il lui ordonna de sc prosterner devant lui. „ Je„ mériterais ma disgrâce, lui dit Basile, si je t’obéissois; mais je n’ai point„ oublié que je fuis le Souverain de la Russie: si tu me vois devant toi„ pauvre, désarmé, chargé de chaînes, couvert d’un vêtement ignominieux,,, peux-tu t’enorgueillir d’un triomphe que tu ne dois qu’h la perfidie de mes„ sujets, & non à ton courage? peux-tu me voir accablé par la fortune;„ sens songer qu’elîe peut te porter ses mêmes coups? ” Sigismond 1e sirconduire en Pologne, avec son épouse & ses freres : ils y moururent tous àla fois; cette mort simultanée étoit trop extraordinaire, elle étoit trop con-forme aux intérêts de Sigismond, pour qu’on ne l’accufât pas d’avoir faitempoisonner cette malheureuse famille: il outragea leurs cendres, ses fit en-terrer près d’un grand chemin, & fit graver fur leur tombe une épitapheinjurieuse.
Cependant ses Moscovites assemblés délibéraient fur le choix d’un maître.Le joug de l’imposteur leur sembloit trop humiliant: celui de Sigismond leursembloit trop dur. Miécislas, Gouverneur de Mofcow, leur persuada, quela Russie ne pouvoit fe relever de ses pertes qu’en couronnant un Prince Po-
lonois,