D E RUSSIE, Liv. XXX. Sect. V. 29 r
fit construire cent demi-galères, montées par cinquante hommes chacune, ////?•fur le lac Pcipus ou Peibus, qui communique avec le golphe de Finlande Unifie,par une rivicre, qui ouvroit aux Suédois une facile entrée: en même temps sous pie,ïiil ereusoit le canal qui devoir joindre le Tanaïs au Volga, commençoit d’au- lc Graud *tres canaux, & travailloit à joindre la mer Baltique, la mer Caspienne, & le Soinsjtá-Pont-Euxin. II achetoit des moutons étrangers, engageoit des bergers à son fiques auservice, pour faire fleurir ces troupeaux, établisfoit des draperies, employoit, ^tedans des papeteries, le rebut des étoffes, longtemps inutile, & donnoit des S nene ‘imprimeries à la Russie, étonnée de ces merveilles pacifiques,qui s’opéroientau milieu des horreurs de la guerre. Le Général Schérémétaw, Ruflè, à la Premierstête d’un corps de'Rustès, comme lui, battit vers Derbst un détachemen t succès desSuédois , commandé par Schlippenbach , un des meilleurs Généraux de f^si e s s ^Charles XII: quatre drapeaux furent enlevés par les Rustès; c’étoit peu, dois.fans doute, pour une armée qui avoic perdu presque tous les siens sous lesmurs de Narva. Mais enfin c’en étoit asicz pour encourager les soldats, &leur apprendre ce qu’ils pouvoient faire & ce qu’ils pouvoient devenir. Onfe livra plusieurs combats fur les lacs Peipus & Ladoga. Les Rusies furentd’abord vaincus; puis ils combattirent aífez bien, pour'laisser la victoire in-certaine: enfin dans une bataille, ils triomphèrent des Suédois, & leur pri- r 7 °**rent une frégate; présage heureux pour l’avenir. Pierre apprend que lesennemis fe préparent à ruiner le port d’Archangel, il y vole, les repousse,jette les fondemens d’une citadelle, & retourne à Mofcow. Bientôt on luiannonça que Schérémétaw avoit remporté une victoire fur les Suédois, qu’illeur avoit pris seize drapeaux & vingt canons: le Général Russe ne s’endor-mit point au milieu de son triomphe ; il marcha vers Marienbourg, lieu célé-bré , où parmi les horreurs d’un siégé, s’éleva du sein de l’indigence, lafemme qui' devoir un jour voir à ses pieds & l’Empereur & i’Empire de Rus-sie : c’étok une. jeune Livonienne à qui la charité d’un Ministre Luthérienavoit donné un asyle dans fa maison. Nous dirons ailleurs, par quels cheminsla fortune la conduisit au trône.
Schérémétaw s’empara de Notebourg, aujourd’hui Schluflèlbourg, fur le Nouveaulac Ladoga, où cent Suédois, qui festoient de toute la garnison, obtinrent ttïmpks.fur la brèche une capitulation honorable ; encore exigerent-ils qu’on examinâtPétíit de la place, & qu’il sot constaté d’une maniéré authentique, qu’ils nes’étoient rendus, que, lorsque la défense dévenoit impossible. Schérémétaw& tous les officiers, qui s’étoient distingués dans ces expéditions, firent dansMofcow une entrée triomphante. Le luxe y sot prodigué, mais ce qu’on yvit de plus flatteur pour la nation, c’etoient les drapeaux Suédois & le pavil-lon de la frégate : c’étoit ainsi, que le Czar enflammoit le zele des officiers,
& le courage des soldats. Jufqu’à son régné, l’or avoit été le prix de la va-leur : l’honneur étoit un prix d’autant plus précieux, qu’il étoit nouveau. LeTriomphateur donna l’hiver aux arts, au commerce, au gouvernement & 1703.
au retour du printemps, courut attaquer Niantz, près du lac de Ladoga.
Deux vaisièaux Suédois s’avancerent pour la secourir! Pierre les attaqua aveclès barques, & s’en empara: la place s’étoit déja rendue: peu de temps après,on vit arriver les Rustès qui fervoient en Pologne, secours néceslàire, dontAuguste fe priva imprudemment pour satisfaire lès ennemis, qui profitèrent
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