DE SUEDE, Liv. XXXI. Sect. II. 435
méfiant des Suédois, il avoir levé des troupes dans la Saxe & le Ilolstein ; Gcr- m/î dehard Comte de Holllcin & Otton Comte de Rupin, les commandoient : il Suéde,y avoir dans son armée un grand nombre de Seigneurs Allemand;. Albert 800-1415;
pour abréger une guerre qu’il n’étoit pas en état de continuer par le manque —--
de finances, invita Marguerite à se trouver avec ses troupes dans la. Gothieoccidentale près de Falkoping. II fie vœu de ne mettre ion bonnet royalque lorsqu’il auroit puni la Reine de son audace, reconquis laScanie, & prisle Dannemarck & la Norwege. L/armée de Marguerite étoit composée deDanois, de Norwégiens, & de Suédois; Iwarlyckc en étoit le Général: lesSuédois révoltés avoient pour chef particulier Eric Kelsel-son. La Reine re-çut le cartel ; les deux armées se trouvèrent en présence au lieu indiqué ; labataille sut opiniâtre & sanglante, mais la victoire se décida pour Margueri-te. Albert avoir conduit inconsidéremment ses troupes.fur un terrein-marc- .cageux qui les empêcha de manœuvrer; l’armée de Marguerite les entoura & d'Albert quiles tailla en pieces. Albert & son fils furent faits prisonniers, avec un grand est fait *nombre de Chevaliers; dix-neuf furent tués, dont deux Comtes de Hoìstein prisonnier.& l’Evêque de 8 car a. Les Danois ne perdirent que huit Chevaliers, AI- 1 389-bert & son fils furent conduits h Marguerite, qui lui demanda-, s’il ne met-troit pas son bonnet royal ? s’il ne íèroit pas le parrain des enfans de l’abbéde Sora? (1) Elle l’envoya fous bonne escorte, dans la fortereílè de Lind-holm avec son fils; le Roi Albert fut fait prisonnier, le même jour queMagnus son prédécellèur étoit tombé dans lès fers , vingt - sept ans au-paravant.
La guerre civile ne devint que plus cruelle depuis cette bataille. LesGoths & les Suédois furent aux prises. Les uns vouloient qu’on élût unnouveau Roi, les autres qu’on assurât le trône à Marguerite: il y avoir untroisième parti qui foutenoit qu’on ne pouvoir pas donner un fuccellèur à unRoi prisonnier : l’obligation de délivrer le -Roi, étoit un autre sujet de rixeentre les Allemands & les Suédois; les premiers prétendoient que par leurferment de fidélité, les Suédois étoient obligés de défendre leur Roi; lesSuédois, au contraire, foutenoient que ce n’étoit point eux qui avoient faitla guerre à Marguerite, mais feulement le Roi avec fes Allemands, pourlesquels il avoir épuisé le Royaume, & que c’étoit aux auteurs du mal à leréparer. Le Duc de Mccklenbourg arma une puislante flotte, qui, malgréla tempête, aborda à Stockholm assiégé. Cette ville tenoit le parti du Roi.
Les Allemands en maltraitoient les bourgeois, sous prétexte qu’ils avoientdeflein de livrer la ville à la Reine. Le Duc cn sit lever le siégé, y jettades vivres & répandit fes soldats dans les campagnes, où ils mirent tout àfeu & à sang. Une multitude de paysans fans chefs, s’attrouperent & fu-rent ou dispersés ou maílàcrés. Dans la ville, la faction des Allemands, àqui le mauvais état des allaites d’Albert faifoit tout craindre pour leur sûre-té, se grossit de 1500 fanatiques appellés freres chapeaux , parce qu’ilsen portoient de très grands. L’efprit de parti, la haine nationale, l’émula-tion, la vengeance, excitoient les Allemands & les Suédois au carnage les
(1) On dit qne le Roi épris u Q ] a beauté de la Reine, ayant témoigné le désir de cou-cher avec elle, elle le fît porter dans.son lit à íes côtés, pieds & mains liés. Ibidem.
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