446 HISTOIRE DU ROYAUME
Siîct. III. remettre leurs places pour les donner aux Suédois: ils refusèrent d’abord;Sufde^ ma * s on ^ es Stockholm, Stegcbourg, Axelwald, Elfsbourg, Wes-
1411-1560 îeraas & Abo furent évacués & garnis de Suédois, excepté Abo, où l’on
—,__laiiïïi Kroepelin, quoique Danois, parce qu’il s’étoit toujours bien montré
pour les Suédois. Toutes les autres forteresses furent rendues à Canutfon, quife trouva maître du Royaume. (1)
Mais Eric Puckc ne vit pas son élévation d’un œil tranquille ; la jalousie &l’amour qu’il confervoit encore à la mémoire d’Engelbert, l’animoient égale-ment: il fit soulever les paysans: au nom de leur libérateur, il en assembleaflcz pour former une armée, il asiìege Orcbro & Westeraas ; il est battu de-vant ces deux places; il ne fe décourage point, il forme une nouvelle arméedans la Dalie, attaque encore Canut, & le force de fe retirer à Westeraas.II pouvoit l’y forcer: le Maréchal propose pour le bien de l’Etat de termi-ner leurs querelles par un traité & lui envoyé un fauf-conduit. Pucke tropconfiant fe rend à Westeraas; aussitôt Canut le fait arrêter, & l’envoye àStockholm, où il eut la tête tranchée ; quoique l’Evêque de Stregnetz & quel-ques seigneurs enflent cautionné Je sauf-conduit. La mort de Pucke futsuivie de grands troubles; les paysans fe foulcvoient de tous côtés; ils tuè-rent quelques gouverneurs établis par Canut, le vieux Joífè Erikfon fut dunombre. La nouvelle que le Roi n’étoit point mort calma ces troubles. Onl’invita de fe rendre k Calmar pour mettre le dernier sceau au traité; il lepromit, mais au lieu de s’y rendre il écrivit qu’il ne vouloir point s’en. tenirau traité de Calmar, à moins qu’on ne lui rendît les châteaux de Stockholm,de Nikoping & de Calmar, pour y mettre les gouverneurs & les garnisonsqu’il lui plaîroit. On lui envoya une députation, pour l’engager à s’en tenirau traité & à venir en Suéde, où les grands & la noblesse qui abhorroientle gouvernement de Canut, lui prêteroient ferment, s’il vouloir leur conser-ver leurs privilèges ; mais Eric répondit qu’il vouloir être obéi, gouverner àfa fantaisie, enfin être Roi. Les députés fe retirerent très mécontens, maisils n’étoient point les seuls; les Danois murmuroient de ce qu’Eric vouloirles forcer à nommer Boleílas pour son successeur : les députés fe lierent aveceux, & promirent de faire caule commune.
Canutfon, au faîte de la grandeur, fe fit des ennemis de tous les Seigneurspar son insolence & íti fierté; il fit arrêter le Grand-bailli qui s’étoit liguéavec quelques autres Seigneurs pour faire soulever la Dalécarlie & le Werme-land, le fit conduire à Orcbro & le força de lui remettre toutes fes places,avec serment de ne rien tenter contre lui à l’avenir. Nils 8 tension, beau-freredu Maréchal, fe déclara contre lui; il fe retira auprès d’Eric qui le créa Maré-•chal de Suede, & envoya des ordres aux Suédois de le reconnoître commele représentant. Nils S tension fe mit à la tête de quelques troupes & inquiétaCanutfon ; d’un autre côté, Eric lit assiéger Elfsbourg par lesNonvégiens; maisCanutfon défit les Norwégiens, prit quelque teins après Nils Stuenfon, l’en-voya à Noerkoping, où il morue peu de jours après. Broeder Suenfon, qui1438 . gvoit été Parai d’Engelbert, osa lui reprocher son ambition outrée, son or-gueil , son avidité. Canutfon le fit saisir & lui fit trancher la tête. Canutfon cn-
(1) Introd. à fllist de l’Uuiv. T. 4. L. 4.