DE SUEDE, Liv. XXXI. Sec t, I/L - 469
tra dans la ville comme ami : la capitulation portoit que le traité d’Upfst se- Hìfl. deroit confirmé;que les prisonniers de part & d’autrc feraient rendus; qu’ou ne 8aede.porteroit aucune atteinte aux privilèges & aux immunités de la ville: on r 4i 1-1560*promit toute sûreté à Christine & à ses enfans, qu’on ne les troubleroit j a- ‘
mais dans la jouissance des biens que Stenon leur avoit laissés, & que Chrif-tiern gouvernerait en pere. Ce Prince donnoit aux bourgeois des témoi-gnages de bonté, licencioit les étrangers qu’il avoit à fa solde, les rempla-çoit par les milices du pays, écrivoit avec amitié aux Etats du Royaumepour les inviter à son couronnement, envoyoit Gadde -s’eraparer d’Abo,de Wibourg & de Razebourg; tout annonçoit aux Suédois le régné le plusdoux: il repartit ensuite pour le Danaemarck & n’en revint que pour soucouronnement. II fit des chevaliers; mais aucun Suédois n’eut part à cethonneur, pareeque, disoit-il, avant de les récompenser,, il vouloit connoî-tre leurs sentimens. (1)
Christiem voyant enfin qu’il pouvoit ne plus. diífimuler, aílèmbla son con- Christiemseil secret pour délibérer sur les moyens de se défaire des principaux sei- développegneurs de Suede, ses ennemis, ou dont il craignait la vertu; de maniéré f onpourtant que leur mort ne pût lui être imputée, ou qu’elle parût leur avoir rs fí rocs 'été donnée fans ion aveu & malgré lui : il donnoit pour motif de cette résolu-tion , le projet d’empecher le peuple de former à l’avenir aucune entreprise,soute de Chefs & de Généraux. Les uns .voulaient qu’on excitât une rixe entreles soldats & les citoyens, asm qu’ou pût en sûreté frapper les victimes, qui nemanqueraient pas d’accòurir pour appaiser la sédition. Les autres vouloientqu’on cachât de la poudre en divers endroits, asm d’avoir occasion de les accu-ser d’avoir voulu faire périr le Roi & les principaux Danois. Un dernier mo-yen parut le plus propre aux desseins du tyran ; ce fut d’inviter à l’occasion deson couronnement les grands h un superbe festin : la fête dura trois jours : lesdeux premiers se pasierent dans la joie: le troisième Gustave Trolle se plai-gnit de la démolition de Stecka; il convenoit que le Roi avoit pardonné les Complotcoupables ; mais qu’ils n’avoient point obtenu le pardon du Pape, qui ce- horrible dnpendant n’avoit prononcé d’autre réparation d’un si grand crime, que la ref- ^ r hif jj!tauration de la forteresse de Stecka & cent mille ducats d’amende. (2) 11 le chevéqùe.plaignit encore des dommages faits à P église d’Uplal: il accusa Christine & d'UpjaUsa mere. Le Roi renvoya toutes ces plaintes au jugement de Théodore,Archevêque de Lundh, Primat de Dannemarck & de l’Evêque d’Odensée,à qui Léon X avoit adressé la bulle d’excommunication lancée contre Stenon& ses partisans. Christiem ne se réserva que de faire exécuter leur juge-ment (z) & de se conformer à l'esprit de la bulle. Christine, après de vai-nes prières qu’elle fit à Christiem d’oublier le passé, comme il l’avoit juré ,
& de laisièr en paix la mémoire de Stenon, reprenant son courage, répon-dit; que Stenon n’avoit assiégé l’Archevêque & rasé la forteresse de Stecka,que par une ordonnance des Etats & du Sénat, que ce prélat n’avoit été ju-gé que selon les loix, & condamné pour fa trahison que fur les preuves,
(1) Lotitnius kifl. Suec. in vit. Christ. L. 5. (2) Hist. des Révolut. de Sue-
de, par Verrat, p. 231. T. I. CjS Cet lìprrible complot est un des- traits les plusodieux de l’hLstoire des Tyrans.
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