DE SUEDE, Liv. XXXI. Sect. III. 471
II sic périr plusieurs personnes fur lés plus légers soupçons ; Hemming Hifl. deGadde, qui lui avoit rendu des services eííèntiels, suc de ce nombre; il le Suede.sic maflacrer avec dix seigneurs Suédois: cous leurs biens confisqués forme- 14 1rem un bucin immense qu’il emporta en Dannemarck. U répandit dans cou- cnnutés dete la Suede des asiàflìns, auxquels il désignoic ses proscrits, mais surtout les ChrijUern.parons & les domestiques de ceux qu’il avoit fait périr dans les supplices : ildésarma les paysans & menaça de faire couper un pied & une main, à ceuxqui seroienc trouvés avec des armes. Lorsqu’il retourna en Dannemarck, ilsit planter des gibets fur toute fa route ; tous ses pas furent marqués par descruautés: au couvent de Nydala, il fut reçu par l’abbé & les religieux: illes sit tous noyer, parcequ’ils avoient caché quelques provisions , pour lessoustraire à l’avidité du soldat. En paílànc à Jtenekoping il sit trancher latête, non seulement à Ribbing, mais à ses deux enfans, dont l’un n’avoitque deux ans & l’autre sept ; il les sit suspendre par les cheveux & séparerla tête de leur corps. Sa barbarie ne se bornoit pas à ordonner les suppli-ces, il aimoit a repaître ses yeux du sang de ses victimes: pendant les troisjours que les cadavres des malheureux qu’il sit mourir à Stockholm, resterentfur la place, nageans dans leur sang & la pâture des chiens, il alla plusieursfois jouir de cet horrible spectacle. ( 1 )
Mais Je Ciel préparoit à tant de crimes une vengeance éclatante ; ce p ro j etGustave Ericson, de l’ancienne famille de Vasa , ami de 8tenon & que di de (jus.Christian détestoit, fils de cet Eric que le tyran sit périr fur un échassaud hStockholm, étoit surtout désigné à ses assassins. 11 fut du nombre des ota-ges que S tenon envoya à Chrisliern, & que le tyran, contre le droit le pluslàcré, emmena prisonniers en Dannemarck. U essaya de les gagner, maisn’ayant pu y réussir, ni par ses menaces ni par ses promesses, il ordonna à unofficier de les faire tous périr, s’il étoit obligé de les relâcher, mais surtoutGustave. Eric Banner, Gentilhomme Danois, son parent, le demanda auRoi,sous prétexte de le mettre dans ses intérêts ; mais dans la vérité pour adoucirla prison. Chrisliern y consentit à condition, qu’il le conduiroit dans le châ-teau de Calo en Jutland, dont Banner étoit Gouverneur, & qu’il payeroitsix mille écus d’or, si Gustave s’échappoit. Gustave joignit à tous les avan-tages de la figure & du corps, un esprit agréable & cultivé, par d’excellen-tes études qu’il avoit faites à l’univerfité d’Upsal, par les méditations fur fartde la guerre & fur celui de gouverner; quoique jeune, il avoit toute la sa-gesse de l’expérienee, & quoique naturellement porté à la réflexion, il avoitun caractère ouvert & les maniérés les plus prévenantes. Par son pere ilcomptoit des Rois parmi ses ancêtres: fa mere de la famille des Sture, étoitniece du Roi Canutson. Banner le chérissoit comme son fils, & le laisibitjouir de toute fa liberté. Gustave gémiflòit de ne pouvoir point partageravec ses compatriotes les périls de la guerre & le plaisir de défendre fa pa-trie. II apprit la mort de 8tenon, la prise de Stockholm & les malheurs dela Suede ; le deíir de la venger lui suggéra le dessein de se procurer la li-berté: il sortit un jour dès l’aurore du château de Calo, sous prétexte d’al-ler 'a la chasse, prit un habit de paysan, fe rendit à Flensbourg & comme il
O) Leeen Libr* 5- Hist. Sut c, Hisl. des ré vol. de Suede.