D E SUEDE, Liv. XXXI. Sect. IIL 489
r oient pu barre tc-r. II lui prouva que les biens qu’on appelle ecclésiastiques,n’étoient dans le berceau de l’église, que les biens communs aux fideles,donc les prêcres s’étoient ensuite rendus les œconomes ; que ces biens étoiencemployés aux néceílités de l’église, c’est-à-dire de rassemblée des fideles &surcoût au soulagement des pauvres. Quant aux difficultés politiques, An-derfon 11’en cacha aucune à Gullave : la plus grande étoit le préjugé entrete-nu par les prêtres dans l’eíprit des peuples, que toucher aux biens ecclésias-tiques, c’étoit attenter à la Religion; (1) il lui dit que le moyen de dé-truire ce préjugé étoit de favoriser la doctrine de Luther, que plusieurs Prin-ces d’Allemagtie avoient déja adoptée : cette doctrine ramenant les choses àleur premiere simplicité, rendoit à l’Etat des biens qui appartenoient à l’E-tat, & leurs droits à la nature & à la société ; que pourvu qu’en dépouil-lant le clergé & les moines, il eut soin de diminuer les impôts, & de ren-dre aux familles nobles les biens que leurs ancêtres leur avoient ravi, pourl’entretien de ces pieux inutiles, dont le célibat ne pouvoit qu’anéantir lasociété, lorsqn’il ne la corrompoit pas, il auroit bientôt pour lui la noblesse &le peuple , qui, à la longue, renonce à ses opinions lors qu’il trouve unavantage à y renoncer: que la plupart des moines & des ecclésiastiques dusecond ordre, oublieroient dans les liens du mariage, des principes qui jet-tent une especc de tache sur ce premier vœu de la nature. Que les Evêquesétoient les seuls à craindre; mais qu’il n’y en avoit plus aucun en Suede, enétat de faire la guerre à son Souverain; que loin de desirer qu’ils embrassentla nouvelle doctrine, Gustave devoir faire des vœux pour qu’ils restassent at-tachés à leur ancienne religion ; parce que dans le premier cas, ils pour-•roient en se mariant séculariser leurs Evêchés & les ériger en Principautésséculières; au lieu qu’étant en petit nombre dans le Royaume, & se trou-vant pour ainsi dire isolés, & preíque seuls dans leur opinion, on ne man-queroit pas de raison pour s’en défaire: que de tous les Evêques, il n’yavoit que ceux de Lincoping & de Scara qui poudroient être à craindre, parleur attachement à leur dignité, à leurs prérogatives & surtout au parti desDanois; mais qu’une fois le Luthéranisme reçu universellement en Suede,on leur feroit un crime d'Etat de leur résistance opiniâtre, & surtout s’ils cau-fòient quelque mouvement parmi le peuple : que Jean Magnus Archevêqued’Upsal, étoit trop timide, trop irrésolu pour en avoir rien à redouter : quepourvu qu’on n’inquiétâc pas les Evcques d’Abo & de Vexio fur leur condui-te libertine, ils ne s’embarraíseroient guere des querelles de Religion; &•que les Evêques de Stregnitz & de Welìeraas n’avoient ni assez de nais-sance , ni assez de crédit sur leur peuple, pour résister aux volontés duSouverain.
Gustave se garda bien néanmoins de changer brusquement de Religion. LeLuthéranisme avoit déja fait des progrès considérables cn Suede; le Chance-lier l’avoit embrallè & n’étoir pas le seul de ceux de son ordre. Les Alle-mands l’avoient apporté ; des écoliers qui avoient fait leurs études à Wit-tenberg, l’avoient répandu. Celui qui sc distingua le plus, fut Olaiis Pé-tri, qui avoit suivi Luther pendant quelques années, & qui avoit porté &
(1) Hist. des révol. de Suede, T. a.
Tome XL1L Qqq
Rifc. deSuede,1411-1560.
Il lui COU''seìlle défa-voriser ladoBrine deLuther.
Commence-ment 6?progrès duL.ut!‘éranif-me en Sue-de.