Buch 
42 (1780) La continuation de l'histoire du royaume de Pologne, l'histoire du royaume de Prusse, celle de l'empire de Russie et les cinq premières sections de l'histoire du royaume de Suède
Seite
558
JPEG-Download
 

553

HISTOIRE DU ROYAUME

Sect. IV.Jríift. deSuede.1560-1610.

Le Duc dé-fait l'arméedes Roya-listes.

Les Roya-listes de-mandent lafaix,

Modérationdu Duc.

qu’on ne pouvoir point espérer tant que la diversité des Religions diviferoîtles esprits. Sigisraond étoit inflexible. ( 1 ) Charles reçut de nouvelles trou-pes, & si t avancer la flotte qui lui avoir toujours été fidele. 11 n’en fut pasmoins ardent à presser le Roi : les Ordres de l’Etat se joignirent h lui. Onconvint d’une suspension jusques à ce qu’on eut fini de négocier. Le Ducdemandoit que le Roi insérât dans le traité que les Etats prendroient le partide celui qui cn auroit observé les articles contre celui qui les auroit violés :mais le Roi rejettoit cette clause comme contraire à la Majesté Royale.

Malgré la suspension d’armei convenue, les troupes de Sigismond entrè-rent de nuit dans le camp du Duc, égorgèrent les sentinelles & firent quel-ques prisonniers. ( 2 ) Le Duc voyant qu’il n'y avoir plus rien h attendre, fitmettre son armée sous les armes : Sigismond fit traverser Lincoping à La sien-ne , & la rangea cn bataille de sautre côté de la rivière ; elle pafla un jour& une nuit sous les armes, fans que le Duc fit aucun mouvement. Alors leIloi fit rentrer dans la ville une partie de ses troupes ; l’évêque de Linco-ping en avertit le Duc, qui marcha contre celles qui étoient restées. Sigis-mond envoya à leur secours celles qu’il avoir fiait rentrer; mais le Duc Char-les les battit les unes après les autres, & en fit un grand carnage; il y eneut un grand nombre de noyés, en voulant passer la rivière, le Duc s’étantemparé du pont. Les Polonois perdirent beaucoup de monde à cette bataille,& les Suédois s’emparerent de leur artillerie : ils la dirigèrent fur la ville qu’ilsfoudroyoient. Les Royalistes craignant leur entiere destruction, députèrentun gentilhomme Smalandien pour demander la paix; on le conduisitau Duc,qu’il trouva à genoux rendant grâces à Dieu de fa victoire. Aussitôt ce Prin-ce fait suspendre toute hostilité ; il va lui - même au lieu de la conférence ;dans la route il reçoit dans fa cuirafle une balle qui lui fait une forte contu-sion dans la poitrine : il demande au Smalandien si ce n’est point un piege ?Le Smalandien l’assiire qu’il n’a rien à craindre, & que ce ne pût être qu’uncoup tiré au hazard. (z) Le Duc envoya dire à son neveu qu’il l’attendoitsur le champ même de bataille, où les deux armées étoient encore, & ques’il vouloit s’y rendre, ils conséreroient ensemble: Nicolas Biclke lui ayantreprésenté qu’il se hazardoit trop, le Duc lui répondit, qu’il iroit au devantdu Roi tout seul, afin qu’il sentît qu’il n'étoit point son ennemi. Le Roiétant arrivé, le Duc descendit de cheval & embraflà ses genoux: Sigismondle fit remonter. Ces Princes convinrent de la paix entre les deux armées: levainqueur se comporta avec la même modération que s’il eût été vaincu, &se justina par cette conduite de n'avoir point voulu s’emparer du trône. Char-les se rendit à Lincoping; le Roi le reçut avec amitié: on y conclut le traitéqui poroit „ que le passé seroit oublié ; que le Roi gouverneroit l’Etat suivant„ le sernent qu’il avoir fait à son couronnement & conformément aux loix,, à Royaumequ’il convoquerait dans l’espace de quatre mois, les Etats,, à Suede ; qu il terminerait dans cette aílèmblée en présence des Ministres„ étrangers, les différends qui subsistoient entre le Roi & le Duc ; que les

(1) La m. Hist. Suec. />. 46 8. Ttiuan. (2) Idem. loc. cit. p. 469. f3) O11 prétendque ce ccup fut tiré de dessein prémédité par un Livonien, qui s’étoit vanté en présence duRoi, qu’i tueroit le Duc, & que le Roi avoir dit: à Dieu ne plaise qu’aucun de'ines su-jets ne l'e >ende coupable d’uu tel crime 1 Loc an. L, 7. ffist, $ U ec. p. 470.