DES U E D E, Liv. XXXI. Skct. V. 571
étoît dans les plus grandes'allarmes, lorsque le Roi parut à la cote de douzecens Hollandois, que Cabelliau, négociant,avoit dirigés à travers la Norwege.'Gustave joignit à ía troupe, un grand nombre de paysans & de bourgeois,qui avoient été rafiemblés h la hâte, & courut à Waxhohn: à son approchetout ce qui étoit h terre se rembarqua avec précipitation & la flotte Danoiíè seretira. Christian dégoûté des dépenses & des succès inutiles de cette guerre,désespérant de pouvoir garder lès conquêtes , ne pouvant forcer GustaveAdolphe, plus foible en nombre mais plus fécond en ressources, d’en venirà une bataille; harcelé fans cesse par le jeune héros, écouta les propositionsdu Roi d’Angleterre & de la Hollande. Le Héros Suédois, qui avoit besoinde Calmar & d’Elssbourg, désiroit la paix, pour donner tous ses foins h laguerre de Moscovie; il demandoit avant tout, qu’on lui livrât ces deux pla-ces, que les Danois vouloient retenir pour s'indemniser des frais de la guerre.Enfin il consentit h payer au Dannemarck un million d’écus, & la paix futconclue à Knarad le 28 Janvier. Ce million fut payé au moyen d’une capi-tation, qui fut mise sur tout le Royaume. Par ce traité le Roi de Suede' abandonnoit Sonnebourg, cédoit au Dannemarck le pays entre Titissiornc &Warangue, & conscrvoit les mines de Rannavari: au moyen de quoi les limi-tes des deux Etats en Laponie demeurèrent réglées. Le Roi de Dannemarckrenonça à toutes ses prétentions au Royaume de Suede; il pourroit continuerde mettre les trois couronnes dans ses armes; & Gustave Adolphe renonçaau titre de Roi de Laponie. II assembla les Etats à Stockholm ; mais commeces asièmblées nombreuses eiitraînoient de grandes dépenses, les Ordres n’yassistèrent plus que par députés ou repréfentans: elles furent composées desévêques & d’un député de chaque chapitre, deux nobles de chaque provin-ce, des principaux magistrats des villes. Dans cette assemblée le Roi convintqu MI avoit fait la paix h des conditions aflèz dures, mais il en sit voir la néces-sité par sépuisement de l’Etat, qui ne permettoit pas de continuer la guerreavec le Dannemarck fans un danger évident.
Les Etats approuvèrent tout ce qu’il avoit fait, payerent au Roi de Dan-nemarck, des sommes qui ne dévoient l'être que dans six ans, & promirentau Roi une somme de cinq cens mille écus pour la guerre de Moscovie.Cette guerre avoit été un des principaux motifs qui l’avoient déterminé à lapaix. Jacques de la Gardie, aussi brave, aussi grand Général que Pont dela Gardie son pere, (1) avoit conduit les choses au point que les Moscovitesétoient décidés à mettre fur leur trône Charles Philippe, frere de Gusta-ve; (2) ils avoient écrit à Jacques de la Gardie pour le prier de suspendre•ses hostilités, & lui firent dire qu’ils alloient envoyer des Ambaflâdcurs àCharles IX pour lui faire agréer le trône en faveur de son second fils. Char-
(1) La Suede eut de très grandes obligations au pere&avisilsnlsétoieutFrançois&s’nt-tachcrent au service de Suede. Gustave Adolphe avouoit qu’il devoir à Jacques de la Gar-die, la plupart de les connoissances fur la guerre. Leur qualité d’étrangers leur avoit attiré•beaucoup d’ennetnis; mais leur droiture, leur valeur & leur habileté, les mirent au defl’usdes efforts de l’envie. Voyez Puff. DiEt. de Bnyle, art. la Gardie. jsac. Scheff. memarib.Suet. gent. Eximp. L ib. Jing. (2) Nous supprimons le détail des révolutions de la Mos-covie à cette époque, sbiíioire des faux Démétrius & plusieurs autres événemens, qu"onpetit voir dans fllistoire de Ruslie, & dans celle de Pologne déja, citées 011 fupr. p. 54,p. 247. & suiv.
Hist. de
Suede.
1610-167,2.
Gustave pa-.rôle & iesDanois Jgrembar-quent „
Paix deKnarad en-tre le Dan-nemarck ci?la Suede.
1O13.
Réfomedans lesassembléesdes Etats..
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