DE SUEDE, Liv. XXXI. Sect. V.
Roi leur fit dire, pour les tirer d’embarras, que son intention étoit que l’un U'íl ddes deux tuât son adversaire, & que l’homme qu’ils voyoient étoit le bour- Suede. *reau, pour couper la tête au survivant, asin que l’arrêt porté contre eux par 1610-1632.
les loix, fut exécuté. Ces deux officiers alìcrent se jctter aux pieds du Roi, --—
lui demanderont pardon & il les réconcilia; mais il déclara qu’il ne feroit ja~mais grâce aux duellistes. (1)
Dès que Gustave eut appris que les conférences n’avoicnt rien produit, ilpartit pour la Livonie avec fa flotte, forte de soixante - dix voiles , qui por-taient vingt mille hommes. En arrivant il prit le fort de Kokenhusen; ilparcourut la Livonie & chafïà les Polonois de Seelbourg, Dunabourg, Ni* Sesconqué.dorp, Pernau & de toutes les places qu’occupoient les ennemis. Cette con- tes f' 1quête ne lui coûta qu’un mois; tandis qu’il laiílòit reposer ses troupes, il vmit ’apprit qu’un Colonel Polonois a volt des intelligences dans Riga , & que lesportes dévoient lui en être ouvertes une certaine nuit. Gustave Adolphe faitavertir le Commandant de ce qui íè paílè, & va lui-même avec un détache-ment s’embufquer près de Riga. Le Colonel arrive à l'heure marquée -au lieu dc trouver les portes ouvertes, on canonne des remparts fa troupequi étoit de deux mille hommes,. & comme il veut se retirer, il est coupé& taillé en pieces par Gustave. Le jeune Stanislas Sapieha, Maréchal de Li-thuanie , résolut d’exécuter ce que le Colonel avoit manqué ; il avoit lesmêmes intelligences dans Riga, il y va avec deux mille chevaux, mille fan-tassins & du canon ; il ignorait que Gustave étoit en marche avec le gros deson armée. Sapieha fut battu, perdit son canon & son bagage. Gustavefit ensuite jetter des ponts fur la Duna, & entra dans la Gourlande, repritMittau & pouíïït des détachemens vers Bauske. Léon Sapieha , pere deStanislas, s’avançoit pour secourir Bauske avec une armée de Lithuaniens dequatre cents Cosaques, deux cents Cuirassiers, neuf cents fàntaíîìns Allemandsquatre cents Heyduques & deux mille Huílàrds: Gustave alla au devant da luirésolu de lui livrer bataille, quoiqu’il eût très peu de cavalerie à opposer à la ca-valerie Polonoise qui avoit alors une grande réputation; mais Gustave avoit strendre son infanterie impénétrable & supérieure à la cavalerie. Sapieha croyoisqu’il suffifoit pour vaincre les Suédois de les attirer en plaine: il avoit peud’infanterie, mal armée, fans discipline, & encore plus mal exercée. Guîa- Il gagne lave qui, malgré ses victoires multipliées, n’avoit jamais vu de bataille ran- soèà degée, quoiqu’il en eût imaginé le meilleur ordre , brûloit d’eu venir auxmains; les deux armées fe trouvèrent en présence dans une plaine di pays I<52<5 -de Semigaìlc près du village de Walhost; le combat s’engagea: la victoirefut bientôt décidée; les Polonois perdirent la plus grande partie da fiur ar-tillerie, leur bagage, plusieurs étendards, 1600 hommes tués fur la pace &un grand nombre qui furent faits prisonniers: les Suédois ne perdiroc quecent. hommes. Sapieha fe retira en Livonie & Gustave l’y suivit; il s'ìmpara
(1) ,, Si mes officiers veulént fe battre, diíbit-il, que ce soit contre mes enntnis. Si„ 011 leur fait tore, qu’ils se plaignent; il y a justice pour touc le monde. Si on îe attaque„ dans leur honneur, qu’ils montrent aux dépens des ennemis de l’íîtat, qu’ils eu ont au-„ tant que qui q ue ce fort. j s veux des soldats & non pas des gladiateurs.” G que dità ce sujet M..le Comte de Turpin dans ses Commentaires fur les Mém. de Moaecucuii,mérite d’ètre lu. Voyez ses Obi cru. fur L. If. Cb. II. Arc. I. §- XXII. des dis Asm.
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