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HISTOIRE DU ROYAUME
Sect. V. aflìégeoif, & de venir le joindre, dans la plaine de Lutzen, où il alloit aufíist. de devant du Roi de Suede. L’Europe avoit les yeux fixés fur la Saxe; l'ému-I6rc>-Ì 6!î 2 Ltion stui anitnoit les deux armées; un Roi, dont la vie n’étoit qu’une fuite3 ‘ <se victoires; un Général qui jouiífoit d’une réputation presque égale à cellede Gustave; le motif de la Religion, qui animoit Pun & l’autre parti, fai-soient attendre avec une efpece de terreur le moment où ces deux armées fechoqueroient.
Plan de la Walstein arriva de Merfebourg k Lutzen, le 5 Novembre au matin, & fitBataille de mettre le feu à cette ville, à laquelle il appuya fa droite avec 24 pieces deLutsen, canon, près d’une maison qui íubfiste encore; il étendit fa gauche jusquesau ruisseau, appelle Fioesgraben, que les Croates débordoient; ce qui fai soirune étendue de demi-lieue : il forma de toute son infanterie cinq grosses bri-gades ou bataillons q narrés, avec des pelotons de piquiers aux angles; il mitià cavalerie fur les ailes & fur deux lignes. Le fossé du grand chemin ducôté laisle aux Suédois, étoic garni de mousquetaires & de canon à barbette ;derriere le folle opposé étoient des pelotons de mousquetaires à cheval & decarabiniers , pour harceler la cavalerie Suédoise; les chariots de munitionétoient derriere salle droite. L’armée Impériale ayant campé dans cet ordre ,Collorcdo qui étoit en avant, fit tirer trois coups de canon pour avertir lescoureurs de l’armée de fe retirer , & Walstein que farinée Suédoise appro-choit. Cependant les Suédois ayant rencontré quelques partis, leur enlevè-rent un étendard & firent des prisonniers. Gustave arriva fur le soir vis-à-visde Walstein, que Pappenheim n’avoit pas encore joint. Le Roi de Snedefit fes dispositions: fa gauche aboutiíiòit k Lutzen, la droite s’étendoit juf-qu’-au ruisseau, avec quelques escadrons au de-là; k dos il avoit le mêmeruisseau, & en front les deux fossés remplis de mousquetaires; les bagagesderriere la seconde ligne, & Partillerie distribuée fur le front de la premiereligne: ainsi la plaine étoit partagée par les deux armées; dans farinée deGustave de gros pelotons d’infanterie étoient entrelacés dans de petitsescadrons.
Gustave dis- La nuit étant survenue, le Roi remit Patraque au lendemain; mais unpose son ar- brouillard aussi épais que les ténèbres succéda à la nuit : en attendant qu’ilnée au com- dissipé, il fit faire des prières & entonner des cantiques k fes soldats,ìriere' la Lur donnant lui-même l’exemple. Le chant de toute l’armée & des ministresétoit accompagné des trompettes & des timbales. Son armée n’étoit quede 18 à 20 mille hommes; celle de Walstein qui suc joint pendant la ba-taille par celle de Pappenheim, fe trouva de 40000. Loríque le brouillardfut un peu dissipé après les prières accoutumées, Gustave monta à cheval,parcourut tous les rangs en encourageant fes troupes ; allant de ladroite k la gauche. (1) Tout s’ébranle; il fe plaça deux pas en avant ducentre de fa droite qu’il commandoit en personne. Bernard de Weymarcommandoit la gauche , & Nicolas Brahé Comte de Wisingsbourg lecentre. A la seconde ligne la droite étoit commandée par le Général Bu-lach, la gauche par le Prince Ernest d’Anhalt & le centre par Kniphaufen :la réserve par le Colonel Henderfons Ecossois. L’infanterie Suédoise souffrit
(,) Hist. de Gust. Adolp. L. XII. Rmnh. p. J90, Chemuh p. 465.