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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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Sect. VII.Hist. deHollande.1567 - 1574 '

approu-vées parfInquisi-tion d* Es-pagne.

Fin tragi-que du Ba-ron deMontigny

HISTOIRE DE HOLLANDE

„ mens & des plaintes; a quoi le Duc joignit úne horrible proclamation„ coptre ceux qui étoient sortis du paya, que l’on y (appelloit fous.peine„ de la perte de leurs Siens, s’ils n y retournoient pas, & où l’on ôrdon-' noit une rigoureuse rechçrcbe des biens, donc.ils jopiíToient, avec défep-„ se h qui que ce fût de les cacher, (t)” Tous les Ministres, dont on putse saisir, alierent grossir la foule des.û'làrtyrs de leur religion; ceux qui leuravoient donné aíyle, ceux qui avoient eu des liaisons (ecrettes avec eux ,ceux epfiu qui avoient le plus assidûment écouté, leurs prédications, furenttraités a-vec fa même! rigueur: Toutes les places., tous les carrefours deBruxelles étoient teints de sang. On traînoit ces malheureux au supplice,attachés à la queue d’un cheval, les mains liées fur le dos. On sic périrmême des Catholiques, à qui on ne pouvoit reprocher d’autre crime queleur opulence. Parmi ces victimes' du fanatisme , il se trouva un malheu-reux, qui fut arrêté, conduit àsechaffaud, & décapité, sans avoir été en-tendu;,. fans même qu’op lui;eut demandé Ion nom : peu de temps après, cetinconnu fut décrété; on le chercha, on apprit'qu’il étoit mort fous le ferd’un bourreau. On si t le procès à fa mémoire, & ce procès ne servit qu’kfaire connoître son innocence. Quelques juges, encore capables de remords,parurent touchés de cette injustice. L’inpitoyable Vargas n’en parut pointému. „ De quoi vous affligez-vous, leur dit-il: faire périr un innocent, n’est-„ ce pas envoyer son ame dans le ciel?" (2) Toutes ces horreurs surent, ap-prouvées par Flnquifidon de Madrid, qui déclara, par un décret solemnel,„ que tous les sujets du Roi dans lesPays-bas, tant à l’égard des apostasies,„ hérésies , & révoltes , par lesquelles ils s’étoient soulevés contré l’JJr„ glife & lé Roi, qu’à l’égard de ce qu’en feignant d’être Catholiques, ils„ n’avoient point fait ce qu’ils dévoient faire,pours’oppofer aux hérétiques,* aux apostats & aux séditieux, ce qui étoit très facile au commencement," méritoient d’être tenus pour leurs fauteurs &-infectés de leur hérésie , de” leur apostasie, de leur sédition, & que les Nobles , qui avoient présentérequête, au nom des sujets du Roi contre l’Inquisition, & avoient encou-ragé les hérétiques, les apostats, les séditieux, étoient coupables du”• ci-nne de Leze- Majesté au premier chef.”

” Les loix de l’honneur ne furent pas plus respectées que celles de l’huma-nité. Le Baron de Montigny, frere du malheureux Comte de Hoorn, étoitvenu en Espagne sur la parole de la Gouvernante & du Roi. Sa personneétoit donc respectable. Aucun privilège ne'dispense un Souverain de la pro-'messe qu’il a ftp te à Pan de ses sujets- Le Baron fut arrêté & conduit à l’Al-cazur de -Ségovìe : à peine y étoit-il enfermé, qu’on vit arriver des pèlerinsflamands, qui portoient des violons &d’autres instrumens, & qui demandè-rent la permission de lui .donner une sérénade L’AIcayde ne crut pas devoirrefuser cette consolation à son illustre prisonnier.^ Les musiciens entrent,accordent leurs instrumens, & chantent des chansons flamandes; du moinsl’Alcayde.le crut. Ils disoient-.en-flamapd.au Baron de Montigny, qu’on luiapportoit des limés pour couper les barreaux de fa prisón, & des échelles defoie pour descendre. Ces instrumens étoient renfermés dans leurs violons-,

(0 Bentivoglio P. I. Liv. IV. ( 2 ) De Meteren.