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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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Sect. VII.LU st. deHollande.I56?-I574.

Le Baronde Genlisest défaitpar Frédé-ric de Tolè-de.

Défaite deVannée duPrinceT Orange.

Cruautésdes Espa-gnols-

ra HISTOIRE DE HOLLANDE

jusqu’k ce qu’il eût pu se joindre au Prince d’Orange ; mais emporté parune envie excessive de se signaler, il marcha aux ennemis & fût défait.Douze cens François resterentsur le champ de bataille, Genlis lui-même sucobligé de rendre les armes. Frédéric ternit l’honneur qu’il venoit d’acquérir,en faisant pendre les prisonniers François, (i) Le Général seul futrespecté ; tout le reste des prisonniers fut pendu. Cette infraction des loixde l’honneur & de la guerre ne fut point vengée ; la cour de France nes’en plaignit point. Son silence prouve aíîèz qu’elle n’avoit permis auxCalvinistes d’époufer la querelle des Flamands, que pour les envoyer à laboucherie. Quant k ceux qui avoient cherché leur salut dans la fuite, ilsfurent maflàcrés par les paysans; de forte qu’on ne recueillit pas mêmeles débris. de cette armée. Ce qu’il y a de plus inconcevable , c’est quecette victoire ne coûta que trente hommes aux Espagnols ;d’où l’on pourroitconclure qu’il y avoit des traîtres dans l'armée Françoise.

Le Prince Guillaume d’Orange k la tête de six mille chevaux & d’onze mille-fantassins, soumettoit le Brabant & dirigeoit vers Mons fa marche triom-phante, résolu de secourir son frere. II y arriva dans le temps où lesEspagnols célébroient par des salves d’artillerie, l’abominable massacre dela Saint Barthélemi, célébré aussi k Rome par Finfaillible Pontife qui en ren-dit k Dieu de solennelles actions de grâces: époque k jamais exécrable dansles Annales de la France, de l’Eglife & de l’Humanité ! Le Prince trouva lesretranchemensdu Ducd’Albe inaccessibles. IIs’efforça, maisenvain,del’attirenau combat. Surpris lui-même dans son camp, attaqué jusques dans fa tentependant son sommeil, il ne dut la vie qu’k sa chienne, qui le réveilla par sescris & en lui grattant le visage avec lés pattes. Il eut le temps d’appellerdu secours & de se mettre en défense. Mais bientôt il décampa, licentia.son armée & abandonna ses conquêtes. Louis de Nassau voyant les ensei-gnes de son frere s’éloigner & ne pouvant plus compter fur les secours de-là France, rendit la place k des conditions honorables & se retira k Dillem-bourg. (2) Le Duc d’Albe abusa de la victoire, comme on avoit dû le pré-voir. La ville de Malines fut livrée au pillage. Les soldats chargés de dé-pouilles allerent les vendre k Anvers, ou plutôt les donner au plus vil prix.Un Jésuite engagea les marchands k profiter de cette profusion, hon pour«'enrichir, mais pour restituer aux malheureux habitans de Malines, pour lamême somme, tout ce qu’ils auroient acheté. Son conseil fut suivi. Cet im-mense butin ne coûta que cent mille francs; tant le soldat étoit impatient de-se délivrer de ce fardeau. Ainsi tout sut rendu aux Malinois, & ces richestèsretournèrent à leur source. Mais les autres villes n eurent pas le mêmebonheur. Les soldats livrerent aux flammes, ou ensévélirent sous les eauxce qu’ils ne purent emporter. Zutphen emportée d’aslàut par Frédéric, futun théâtre d’horreur & de carnage. Semblable au jeune tigre , qui, dèsqu’il a quitté la mamelle de fa.mere , cherche k se repaître de sang ,. le-digne fils du Duc d’Albe avoit déjà toute fa férocité. U fit d’abord péris

(1) Strada Liv. VII.

(2J Strala ibid. Meursius rer. Belgic. Lib. IIE.