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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. X. i6 7

Fobscurité. Le plus jeune & le plus impétueux de ces deux freres, étoit Hìfl. deGuillaume d’Oldenbamevelt, Seigneur de Stoutenbourg. Son caractère Hollande,âpre & mélancolique s’étoit aigri encore par Finjustice avec laquelle on U93-1648.avoir traité Fauteur de ses jours. 11 crut que des larmes stériles ne suffi- Attentatroient pas h la cendre de cet infortuné ; qu’elle demandoit du sang. II contre lescommunique ce dessein à son frere Reinier d’Oldenbarnevelt , Seigneur i 0urs de

de Groeneveld. L’idée d’un aíîàffinat le révolta d’abord ; mais enfin, â«à.

entraîné par les conseils de son frere, par l’eípoir d’une révolution qui

releveroit fa famille , il résolut avec lui de tremper ses mains dans le ,

sang du Prince d’Orange. C’étoit à Riswick qu’ils dévoient consommercet attentat ; il leur íâlloit des complices ; ils en trouvèrent en grandnombre; & ce nombre même, qui les rendoit plus forts, fut ce qui lesperdit: ce furent entr’autres Adrien van Dyk, David Korenwinder,Adrienvan der Duísen, Kors Janszoon van Alfen, Henri Slatius, CorneilleGerritszoon van Woerden, Jean & Abraham Blansaart & Guillaume Par-thy: ces trois derniers, aidés de trois matelots, dévoient frapper le coup:mais les matelots révélèrent tout le complot au Prince lui-même. Stou« Ann. 1623..tenbourg s’enfuit, passa en Espagne, & porta les armes contre fa patrie.

Le malheureux Groeneveld, complice & non auteur de ce projet odieux,fut pris & conduit à l’échaffaud. Avant de recevoir le coup fatal:hélas ! dit - il , le désir de la vengeance & de mauvais conseils m'ontamené où je fuis ; fi f ai offensé quelqu'un , je le prie de vouloir,bien me pardonner. Puis il ajouta: ô Dieu! quel homme fui été! &que fuis-je maintenant ? 11 mourut avec assez de fermeté: quinze descomplices eurent le même sort..

La guerre s’étoit rallumée. Une flotted’onze vaisseaux Hollandois fous Ann. i 6 uF Amiral Jacob FHermite , prit dans la mer du Sud plusieurs vaiíseaux 'Espagnols. Amsterdam,, ou plutôt les vaiíseaux dans son port, furent endanger d’être brûlés par des incendiaires ennemis. Heureusement cet atten-tat fut découvert avant son exécution & ne laissa aux Espagnols que lahonte de l’avoir projetté. Le Commandant de Nitnegue , Lambert Char-les , surprit sur eux & s’empara de Gocb dans le Duché de Cleves.

Maurice fit une vaine tentative fur Anvers , & ne pût forcer Spinola àlever le siégé de Breda. II revint à la Haye, où des obstructions au foiedont il etoit attaqué, terminèrent íès jours; ce ne fût qu’à Fouverture Mort dede son corps que l’on découvrit la cause de la, maladie; on n’y trouva Maurice.point les traces du poison , que le peuple regardoit comme la cause desa mort. C’étoit un grand guerrier, grand politique, plus sage qu’au-dacieux dans les combats , mais jaloux , vindicatif & inflexible dansfa vengeance.

Frédéric Henri, Prince d’Orange, succéda à la plûpart des dignités de Anni ,^5.son frere. Ce Prince avoit sçu ménager Faffection de la Cour de France& de celle d’Angleterre ; s’il n’eí'péroic pas de les engager dans unealliance défensive , il étoit sûr au moins d’une neutralité parfaite ; & les Les Espa-Provinces-Unies se trouvoient en état de résister aux Espagnols assoiblispar le siège de Breda . l’un des plus longs & des plus meurtriers, dont da.il soit question dans 1 Histoire. Ils y étoient entrés enfin. Mais cette con- Ann. 1626.