OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Secï. XIII. Z§5
-e les troupes Impériales, il n’en remporte pas moins une victoire signalée Hist. deà Hochstet & rend l’Electeur qui avoit d’abord refusé de combattre, maître Hollande.d’Augsbourg (r). ^97 Jus-
Dans les Pays-Bas, le Maréchal de Villeroi avoit forcé Tongres. L’an- jours*. MS
fiée d’auparavant il avoit été fait prisonnier par le Prince Eugene à Cremo--——
ne, & la liberté venoit de lui être rendue pour le malheur de la France;c’étoic à íà hauteur, aux dégoûts qu’il avoit donnés à Catinat & au Duc deSavoye, qu’elle devoir la retraite de l’un & la défection de l’autre. Eu-gene, fils du Comte de Solfions, connu d’abord fous le nom de Chevalierde Carignan, & ensuite fous celui de FAbbé de Savoye, rebuté par LouisXIV, qui l’avoit mal jugé,- quoique peu de Rois fe soient auífi bien connusen hommes, entra au service de FEmpereur en 1683. II entra en Italiepar le Trentin en 1701, avec trente mille hommes. Catinat eut ordre defie pas s’oppofer à son paíîàge: arrivé sur l’Adige, Catinat vouloir le com-battre & tes Généraux s’y opposèrent; fa modestie lui fit croire qu’ils en la-voient plus que lui & qu’il fe crompoit; mais il fe trompa en effet, en neles forçant point-d’obéir. Eugene s'empara du poste de Carpi,& maître du Progrès dwpays entre FAdige-& l’Adda, il conduisit Farinée Allemande dans le Brefiàn. ^* n ^ eCatinat fut obligé de reculer derrière Fûglio: les mêmes Généraux qui Fa- u & ene 'voient empêché de combattre Eugene , lui-firent auprès du Roi un cri-me dé fa retraite. Alors lé Maréchal de Villeroi- fut envoyé pour prendrele commandement de l’armée; il donna des ordres à Catinat, & le vain-queur de Stafarde obéit: il accabla le Duc de Savoye de fa fierté , il luiordonna- d’attequer le poste inattaquable de Chiari, occupé par le PrinceEugene. Le Duc & Catinat lui représentèrent le danger & Finutilicé dec-ette attaque; il fallut obéir: le Duc fe battit avec fureur, Catinat fut FUíerei'blessé, fit une retraite glorieuse & alla rendre compte de fa conduite au <?#
Roi ; mais le Duc de Savoye songea à ses intérêts compromis fous un í^Duc dêtel Général (2). Eugene le vengea: Villeroi étoit à Crémone: tandis qu’il Savoye,dormoit, le Prince s’y introduit avec 6000 hommes: le Général éveillé aubruit de la mouíquecerie, monte à cheval & est fait prisonnier. Le hazardfit que tandis qu’Éugene entroic par une porte, le Chevalier d’Entragues Est' f airqui devoir faire une revue de quelques Régimens, & qui avoit entendu Ps*s onnterdu bruit dans la ville, entroit par Fautre. 11 marche à la tête de fes fol- remone *‘dats, fait tête aux Allemands-, donne le tems à la garnison .surprise quiétoit de cinq mille hommes, de so rasièmbler, & Cremone est reprise parles François & les Irlandois. L’enlevement de Villeroi fit envoyer leDuc de Vendôme à fa place. Ce grand Général, adoré des François & Viàoirerfait pour les commander, défit Vifconti à Santa Victoria, força Eugene d Jà lever le siégé de Mantoue & gagna la bataille de Luzara , où Philip- Batauie'depe V fe trouva en personne. Telle étoit la situation des affaires enlta« Luzara.lie, lorsque Villeroi délivré força Tongres, qu’il fallut bientôt abandon- Conquêtes-ner. Marlhorough qu’Anne venoit d’élever à la dignité de Duc , oblige deBoves à capituler, fe rend maître de Huy,de Lìmbourg & de tout le Bas- otm ^ °
D) Histoire du Siecle de Louis XIV. par Voltaire.
(2) Idem» Ibid.