LIVRE XII. chapitre >. agg
dans la guerre, d’autre objet que la guerre elle-même. L’Autriche , qui, dans la cause com-mune des souverains, n’avait jamais travailléqu’à son propre agrandissement, suivait tou-jours cette politique prudente et intéressée,et combattait pour s’affermir sur le Rhin etau pied des Alpes , résolue à ne mettre ses ar-mées au service de la coalition, que pour l’ac-quisition d’une barrière en Italie et nullementpour la restauration d’un trône étranger. LaRussie seule, avouant noblement un but aussilégitime, paraissait seule aussi déterminée àl’atteindre. Les principes de la révolution fran-çaise avaient de bonne heure inspiré à Paul Iune aversion profonde ; et, à cette époque ,où les armes et les négociations du Directoiremenaçaient à la fois l’indépendance de tous lespeuples et la dignité de tous les princes; où laHollande, la Suisse et Rome étaient traitées enpays conquis; où Buonaparte , présentant à sesmaîtres le traité de Carnpo- Formio , avait osédire : Lorsque le bonheur du peuple français sera assis sur de meilleures lois organiques ,VEurope entière deviendra libre 1 ; ce système,déjà presque en entier réalisé, d’aggressionsviolentes et d’usurpations républicaines, etcette orgueilleuse menace jetée, comme un
1 Toulongeou , Histoire de France , depuis 1789, tom. Il[, p. 187.