HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. L 31
ainsi nommé d’une femme qui commanda autrefois aux Scythes , & quireçut ce pouvoir d’Anangée , Prince des Utriguriensj enfin ils arriveront àl’endroit où étoient les trophées de Toxandre ( a ).
Voilà tout ce que nous trouvons fur les routes du Pays des Turcs paroù paíTerent les Ambassadeurs Romains j & on ne dit rien du chemin quqprirent les Ambassadeurs de Difabule en allant a Constantinople, sinon,qu’après avoir traversé une vaste étendue de pays, A des montagnes cou-vertes de neige, ils entrerent dans les Portes Cafpiennes (*).
Notre Auteur spécifie. un peu plus particulièrement la route que pri-rent les Ambassadeurs des Cimes. Après une longue marche ils arrive-rent à un marais d’une fort vaste étendue ; ce fut-là qu’un des Ambassa-deurs prit le chemin le plus court, mais auffi le plus désert. L’autre ayantmarché dans des sables le long du marais pendant douze jours, & traverséplusieurs lieux hauts & bas, arriva au fleuve Hìk (peut-être le Yem) &énfuite au fleuve Daïk (selon les apparences le jpaik), & enfin par le longd’un autre étang à Attila (j-) & au Pays des Hongrois. II traversa ensuiteun Pays désert & aride, & après avoir marché le long de plusieurs grandsétangs ils arrivèrent à un autre marais, où se décharge une Riviere nom-mée Cophon. De-là. il entra dans le Pays des Alains , à cause qu’il se dé-finit des Horomosques. Ayant été averti de ne pas passer par le Pays des'Mindimiens , à cause qu’ìl y avoit des Perses en embuscade auprès de laSuanie , il tourna à droite par la Darine (f) & arriva dans l 'Affilie (§),puis il vint à Retaurion (**) , & de-là au Pont Euxin, & ayant passé lePhase il arriva à Trèbisonde , d’où ii se rendit à Constantinople (b). _ •
C est à Menandre que nous sommes redevables de ces notices, qui, quoi-que courtes , méritent d’être conservées , parceque c est presque la feuleRelation que nous ayons pendant plusieurs. sieples de voyages faits enTartarie. Revenons aux Turcs Orientaux.
Difabule, qui avoit tout nouvellement subjugué les Sogdiens & les Nephta-lites (jj), ayant à leur sollicitation envoyé deux Ambassades aux Perses,pour leur demander la liberté du commerce de la Soie, les Perses ne secontentèrent pas de reietter l’alliance des Turcs à cause de leur inconstan-ce & de leur infidélité, mais pour leur inspirer de l’averíìon pour le Paysils empoisonnèrent leurs Ambassadeurs ; & c’est de-là que naquirent lesinimitiés des deux Nations. Ce fut à cette occasion que Difabule envoya
des
00 Menandre, C. XIII. XIX. Voy. Hist. Q>)'Menandre, C. VII.
de Con’stantinop. par Cousin. T. III.
00 On auroit pu croire qu’ils marchèrent au Sud entre le Pont Euxin & la Mer Cas-pienne; mais Ptoìémèe place les Portes Cafpiennes entre la Médie & le rays des Parthes,& A r rien à une journée de Rages. Rages ou Ragau est vraisemblablement/?/^ ou R cy,.autrefois la Capitale de l’Irak Persienne à environ quatre -vingt mules au Sud Est de-ííazvin.
Ct)_Sans-douteW#»i^«, nommé au fíi/liil&Edel, ou peut-être quelque ville fur ce fleuve.
Ct) Darayn signifie en Arabe les deux pertes.
rf*quelque part dans la Mingrelie.
y,} Retaurion, ville ou château qui appartenoit aux Romains. .
Ctî) Les Sogdiens sont les habitans des environs de Samarcande, située dans une Plainenommée Sogd, Procope appelle les Ncphtalites, ìipbtálites. Nous cn parlerons dans la fuite,
Section:
IV.
Hifloiredes Turcsjusqu àGenghiz-can.
Ambassa •deurs desCliates.
Ambassadedes Turcsaux Ro-mains.