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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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VI.

Pays clésTurcs, &Defcrip -t ion duTurkes-tEn.

Finit dansl’Orient.

Etablidans l’Oc-«ident.

Rtnouvel.lé dans

i’Orient.

S'itetvlàtoute laTartarie.

Referré detwuveau.

S 6 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. I.ment leur siégé. Ce fut de-là qu’ils firent pendant plusieurs siécles uneguerre continuelle aux Persans & aux Arabes, & ce fut auffi-là que leurEmpire subsista le plus Jong-tems & avec le plus de splendeur.

Ce que l’on fait au moins de certain par l’Histoire, c’est que peu aprèsle tems de Toxandre, dans le septième fìecle, il s’alluma des guerres civilesparmi les Turcs, qui finirent selon les apparences par la division des Paysde leur domination ; & dans le septième, huitième & neuvieme siécles,nous trouvons que le Pays des Turcs étoit effectivement partagé fous plu-sieurs Khakans ou Rois, dont quelques-uns a voient d’assez grands Etats,qui portoient différons noms, ou ceux des Tribus qui leur étoient sou-mises, comme nous l’avons déja dit. dans une autre Section. II faut ce-pendant observer que tous ces Etats, qui comprenoient presque toutela Tartarie Occidentale, font représentés comme faisant partie d u BêlaiAI Atrak , qui est le nom Arabe qui répond au Turkestan ou Pays desTurcs 3 des Persans.

On peut conjecturer que les Peuples qui n’obéiffoíent pas immédia-tement aux Successeurs de Disabule , furent à la longue subjugués par uneautre Nation, ou par des Nations qui habitoient plus à i’Est ou au Mi-di; & de cette façon le nom de Turkestan cessa d'être en usage par-touc,excepté dans les parties occidentales de l’Ëmpire, où les Turcs maintin-rent leur puissance: ce qui fait que les Persans les ont toujours appeliéesle Turkestan.

II semble cependant que les Turcs d’Occident ont de tems en tems éten-du leur domination du côté de l’Orient selon qu’ils en trouvoient l’occa-sion, soit par l’accroiffement de leur propre puissance,soit parla faiblessede leurs voisins auxquels ils avoient affaire. C’est ainsi que du tems duGéographe Ebn SdidAl Magrebi (a) , Kashgar dans la petite Bukharie étoit]a Capitale du Turkestan , comme il paroît qu’elle l’étoit aussi en 99Ó fousJlek Khan. Au moins le Turkestan doit-il avoir été en ce tems-là partagéen deux Etats différons, f Occidental & l’Oriental: Ilek Khan étoit selonquelques Auteurs Souverain du dernier, pendant qu 'Arstan liban regnoitfur l’autre.

Le Turkestan Oriental, si nous pouvons l’appeller ainsi, c’est-à-direles Pays à l’Orient de Kashgar, tomberont bientôt après fous la puissancedes Iiarakitaycns , ce qui leur a fait donner le nom de Karakitay par lesHistoriens Persans. Mais à la longue, vers le milieu du douzième siecle,le Turkestan d’Orient & d’Occident furent de nouveau réunis fous unfeu! Souverain,en conséquence de la cession qu’/MKhan deBalasagûn fitde ses Etats à Kurkhan ou Kanar Kan ; cette révolution ne fit pas pourtantperdre au Turkestan Occidental son nom, pour prendre celui de Kara-kitay , au moins chez les Persans.

Mais les choses ne demeureront pas longtems dans cet état; car le Nay-man Kûchlûè, au commencement du treizième siecle, s’étant révolté con-tre son beaupere Kurkhan, le dépouilla du Turkestan Oriental, divisa ainsi

de

(«) ylbulfeda Tab. Cbowarasniiae &c. in Edit. Hudfon , p, 53.