Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
58
JPEG-Download
 

5 8 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. I.

Skction Le Pays consiste principalement en de vastes Plaines qui font très-fer-VI. tiles, & il y a peu de montagnes à Pexception de celles dont nous avonsPays des p ar [é. II est arrosé par quelques rivières, telles font le Taraz ou Talash ,J 3 CS -^ qui tombe dans le Sir, le Turugay, qui se jette dans le Talash, le Karajûtiondu & d’autres moins considérables. Elles viennent toutes du Nord, & tom-Turkes- bent la plupart dans le Sir; mais les Auteurs ne font pas d’accord fur lestan. endroits où elles s’y jettent (a). On trouve auffi dans ce Pays divers

--- Lacs, entre autres un nommé Kamish Nor ou le Lac des Roseaux, qui a

Son état cinquante milles de long & trente de large: celui d 'IJsikol, fur les bordsPhysique, duquel on dit que Turk , fils de s a set s’établit, est tout près de la fron-tière orientale du Turquestan, si même il n’est pas dans ce Pays.

Filles Pendant que le Turkestan étoit florissant fous fes propres Souverains,princípa - A même juíqu’à l’irrupcion de Genghizcan, il y avoir quantité de villesles ’ fortes'& bien peuplées. II n’y a pas d’apparence cependant, que dumoins la plupart eussent été bâties par les Turcs, mais par les ancienshabitans du Pays, ou par les Arabes, fur lesquels les Turcs Pont conquis.Ces villes étoient situées principalement fur les rivières dans la partie mé-ridionale , & fur-tout fur la grande riviere de Sir , qui séparait naturelle-ment & généralement ce Pays d u Mawaralnahr & de la grande Bukharie.Les plus considérables étoient Genghikant , Jund, Jaffl, Sabran, Sagu -nak , Uzkend , Otrar , Taraz , Esfijab , Osbanikat j Tonkat, Balafagún ,Benkat , Tashkant , Sakrokiya &c.

Capitales. Quatre de ces villes furent en différens tems les Capitales du Turkestan,savoir Jenghìkant ou Kariyat AI Jedidah ; du tems du Géographe Bgrjen -di, Balafagún ou Kambalik jouit de cet honneur depuis 1017 jusqu a 1177.Otrar étoit la Métropole en 1200, que le Sultan Mohammed Ktmarajm -Shah la prit fur Kurkhanìe Karakitayen , Roi du Turkestan.

Plusieurs de ces villes subsistent, nonobstant les ravages qu’y ont faitles Mogols fous Genghizcan, mais nous avons plus de lumières fur leurétat en ce tems-là,que nous n'en avons fur leur état présent, ayant très-peu de relations modernes fur cette partie de P Asie.

Jenghi- Jenghìkant (*) ou, comme la nomment les Arabes, AI Kariyat Al Jacli-kam. fah , l’un & P autre de ces núms signifiant la nouvelle ville, étoit située sui-vant les Géographes Arabes proche de la riviere Al Shash (f), qui tom-be dans le Lac dé Karaztn, que nous pensons qui est P Aral Nor ou Lacdes Aigles dans ce Pays-là. Jenghìkant étoit à dix journées de Caravanede llarazm , à vingt de Farab ou Otrar , & 2 vingt-cinq de Bokhara (b).Jund. Jund étoit une petite ville, qui n’en étoit pas loin , proche de Pem-bouchure du Sinon, & qui a produit divers Savans. Mirkhond rapporteque ce fut de cette ville & de quelques autres du même Pays, que parti-rent

(/») Voyez íes Cartes de De Vise, de Strah- T. IX. P- 254.kmbërg, . de à’Ânville , rilist. des Voy. ' (&) Mulfed. Descript. Chowaraíin. p. 56.

(*) Le mot de kant, qui signifie ville, s’écflt ausil Jnt &. lent^ & l'on met quelque-fois à la fin un d au lieu du t, selon que la prononciation varie, en divers tenfl, & eû di-vers lieux.

(j) Le Sihnn ou Sir, proche de son embouchure. Quelques Cartes, qui le font en-trer dans la Mer Caspienne, placent cette riviere entre cette Mer L ie Lac de líarazin.