SECTION
VI.
Pays desTurcs, &Dêsciïp-íion duTurques-tan.
Bravouredu Gou-verneur.
Timurmeurt à
Otrar.
Taraz.
Esfiyab.
’ Balasa-
gûn.
60 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chai*. I.
qui avoic à se reprocher qu’il étoit Tunique cause de cette guerre, rejettaabsolument cette proposition. Sur quoi le Général se retira pendant lanuit avec dix-mille hommes dans le camp des Mogols, qui détestant fatrahison, le tuerent avec tous ses gens, & entrerent dans la ville par lamême porte par où il étoit sorti.
Gayer Khan , voyant que la ville étoit prise, se retira avec vingt-millehommes dans le château ; mais se trouvant trop à Tétroit avec tant demonde, il tâcha de s’en défaire par des sorties continuelles, ce qui in-commoda fort les ennemis pendant quelque tems ; mais les Princes redou-blant leurs efforts, emporterent enfin le château le sabre à la main, &taillèrent toute la garnison en pieces. Le Gouverneur, qui vit que toutétoit perdu, se retira avec deux hommes dans son appartement, lesquelsayant été tués, & Gayer Khan manquant de fléchés, il se défendit enco-re long-tems avec de grosses pierres, que fa femme lui apportoit. A lafin il fut pris, chargé de chaînes & mis dans une étroite prison , où on lefit mourir peu après par ordre de Genghizcan (a).
D'Herhelot dit qu’Otrar fut prise par Sultan Mohammed , dans le temsquelle passoit pour la Capitale du Turkestan, & que ce fut la prise decette place qui lui attira sur les bras la guerre que lui firent les Mogols,qui reprirent Otrar en 1219 (t),-mais il se trompe sur la cause de la guer-re. De La Croix dit qu’on rasa le château , mais que Ton rétablit lesmurailles de la ville (c). Timur Bek . ou Tamerlan , mourut à Otrar , enmarchant du côté du Kitay ou de la Chine, dont il avoit dessein de fairela conquête. Aujourd’hui c’est une place peu considérable.
Taraz , peut-être la même que le Géographe de Nubie appelle Taran,étoit une ville où les Turcs & les Mahométans se trouvoient pour négo-cier ensemble. Elle a produit plusieurs Savans, & étoit près d’Esfiyab &de Jekel, & à quatre parafantes de Shalj. Ces deux dernieres étoient desvilles des Turcs (d). Taraz est fur la rivière d’Arj , environ à soixante &dix milles au Nord-Est d’Otrar.
Esfiyab passoit pour une grande ville, quoiqu’il s’en fallût des deuxtiers qu’elle ne fût aussi étendue que Benkat. II y avoit autrefois un châ-teau , mais qui ne subsistoit plus du tems d 'Abuìfeda. La ville & les faux-bourgs étoient environnés de murailles, qui avoient trois parasanges detour ; la ville avoit un double mur, & les fauxbourgs un simple. Les ha-bitans avoient de beaux jardins dans la plaine, qui est bien fournie d’eaux;& delà jusqu’aux montagnes les plus proches il y a trois parasanges (e). Es-fiyab est fur le bord septentrional du Sir, ou du-moins n’en est pas fortéloignée.
Balafagûn ou Jalasagûn, comme la nomme Abulghazi Khan, étoit sui-vant Abulseda au-delà du Sihon fur les frontières des Turcs. Dans unendroit il la place proche de Kashgar, & dans un autre près de Farab
QU
(<?) Ibid. p. 213,214. Abulghazi Kban, p. O ba Croix , L c. p. 214,
267-269. G) Abulsed. ubi sup. p. 69, 71.
( /;) D'Herbelot, Biblioth. Orient. xtl.Qirar. (e^Ibid. p. §3,
P- 697 - j ,