HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. II. 107
à en distribuant de grosses sommes parmi les troupes, elle les engagea L ^^prêter serment de fidélité à son fils. Le Calife ordonna aussi qu on pnat régné,publiquement pour lui & lui envoya les marques de 1 investiture, on lui Barlúa*mit la Veste ou le Caftan de Sultan, la Couronne fur la tête, & on lui rok ir.ceignit l’Epée : on dit que jamais Prince auffi jeune ne le comportaavec plus de grâce, & qu’après que le Visir du Calife, qui fit la ceremo- ^ j, Iran>
nie, l’eut complimenté au nom de son Maître, il le remercia des faveurs ---
qu’il venoit de recevoir de la façon du monde la plus jolie. Aussitôt aprèsla cérémonie la Sultane se rendit à Nahrawan , & y campa (a).
Pendant que l’on couronnoit Mahmûd à Bagdad, Jbu'l Modhajfer Kas- ^stP ™'.fem, dit Barkiarok , qui étoit à lspahan, y fut reconnu pour succelitur Is p aharulégitime de son pere ; un grand nombre de gens se déclarèrent pour lui »comme étant le fils aîné de Malek Shah , & parce qu’ils jugeoient qu llétoit mieux en état de gouverner l’Empire qu’une femme & un enfant.
Turkhan Khaîûn , dont le courage égaloit l’efprit, partit de Nahrawan 11 est fait& marcha avec tant de diligence, qu’elle surprit Barkiarok dans lspahan, fdont elle s’empara: mais quelques domestiques du feu Visir Nezam alMolk y- e p KW>lui fournirent les moyens de se sauver des mains de fa belle-mere, & de -
se retirer à Shiraz, où résidait Takash Tekkin , que Malek Shah ayoit dé-claré Atabck , c’est-à-dire son Lieutenant - Général dans la Province dePdrs, ou Perse proprement dite (b).
Ce Prince reconnoiísant lui accorda non seulement sa protection, mais n est pr»*le conduisit à Ray, une des Capitales de l’Irak , & le fit reconnoître pour clame àlégitime héritier de la Couronne de son pere. En attendant la Sultane “f*fit couronner son fils Mahmûd à lspahan, 1 autre Capitale, & envoya destroupes à la poursuite de Barkiarok ; mais une partie paffa de son côté, &il mit le reste en fuite. Parmi les prisonniers qu on fit, se trouva Tajo’lMolk Kianú , qui ayant été mené au Sultan, fut tué par les amis de Ionprédécesseur. II étoit Persan de nation, & avoir de grands talens & debelles qualités, dont il ternit l’éclat par l’assaffinat de Nadham ( c ).
Barkiarok marcha ensuite à lspahan à la tête de vingt-mille hommes, & Mahm&Jassiégea cette ville. Turkan Khutûn , voyant le peuple prêt à se révolter, rfigne.en vint à un accommodement, par lequel on la laissa avec Mahmûd enpossession d’Ifpahan & de ses dépendances, à condition qu’il partagerontavec Barkiarok le trésor de son pere, qui étoit dans cette ville.
Le Sultan ayant reçu pour fa part la somme de cinq-cens mille dinars Révolte ded’or, leva le siégé, & tourna ses armes vers la ville de Hamadan, où un-sode ses oncles, nommé J/mstë/,commandoit: ce Prince, gagné par l’espéranceque la Sultane lui avoir donnée de l’épouser, s’étoit déclaré contre sonneveu. Les deux armées, qui étoient assez égales, se rencontrèrent pro-che de cette ville, fan de l’Hégire 486, de J. C. 1093; le combat futopiniâtre, mais la victoire se déclara enfin pour Barkiarok; & Ismaël étant
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