usi HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. II.
Section deux armées se trouvèrent en présence, l’an 501 de l’Hégire, 1107 deVI 1 I- J. C. mais pendant qu’elles attendoient le signal du combat, il parut dansLe régné j’ a j r une Nuée en forme de Dragon, d’où il sor toit des flammes qui s’é-hamméd lançoient du côté des troupes de Malsk Shah : les soldats furent fl effrayésV. Sultan de ce Météore, qu’ils jetterent les armes bas, & demanderent quartierSeljucide à Mohammed ; & par-là il devint maître de la personne de son neveu Lide /’lran. de ses deux Généraux, qu’il envoya prisonniers dans le château de Lehed.
Il obtient Après une victoire fl imprévue, remportée fans coup férir, il entraFEwpìre. dans Bagdad, où il reçut le titre de Gayath ou Mogayalhdddìn (*) & dansses Patentes il fut honoré de celui à’Emir AI Mumenin , ou Commandeur desFideles , desorte que toute la puissance temporelle fur les Musulmans luifut conférée.
La même année le Sultan marcha contre Saifo'ddin Sadeka , fils de Danisou Dobais , & petit-fils à'Ali , fils de Tezid l’Asadite, Prince de Hella ,qui fut tué & ses troupes mises en fuite, ayant régné vingt-deux ans, &;en vécu cinquante-six.
Révolte . Mohammed, ayant terminé cette petite guerre, revint à Bagdad. Pen-t un faux dant le séjour qu’il y fit, il apprit qu’un certain Ahmed, surnommé Atthash,Prophète, ^étendu Prophète, s’étoit fait non seulement un grand nombre de parti-sans par ses prestiges, mais qu’il s’étoit saisi de la forteresse de Dizghodeh ,en corrompant par ses dogmes impies les esprits de ceux qui y étoient engarnison. Maie k Shah avoit fait bâtir cette importante place près d’Ispa-han, pour contenir le peuple de cette ville, fort sujet à se mutiner. LeSultan n’eut pas plutôt appris cette nouvelle, qu’il se rendit en diligencede ce côté-là, & forma le flege de ce château, qui étoit fl fort par Fart& la nature, qu’il ne pouvoit être forcé que par la famine.
Qui gagne La place n’ayant pas été pourvue de vivres, Attash fut bientôt obligéh Fìstr. d’envoyer un homme pour avertir SaadalMolk, surnommé A-wji, Viiìrdu Sultan, qu’il avoit empoisonné de sa fausse doctrine, qu’il ne pouvoitplus tenir que deux ou trois jours. Le Visir lui fit réponse qu’il tînt bonencore huit ou dix jours, parce qu’en ce tems-là il trouveroit moyen dele défaire de ce Chien, c est ainsi qu h nommoit le Sultan.
Mohammed étoit d’une complexion fort sanguine, ce qui lui causoit sou-vent de très-grandes maladies, desorte qu’il avoit coutume de se faire tirerdu sang tous les mois. Awji alla trouver le Chirurgien du Sultan, qu’ilcorrompit en lui promettant mille sequins & une veste de pourpre, & cemalheureux s’engagea à se servir d’une lancette empoisonnée la premierefois qu’il saigneroit son Maître.
Dont la Un des valets de chambre de ce Prince découvrit le complot & en fittrahison confidence à fa femme, & celle-ci à son galant, lequel en informa le Sul-èst dècou- £an> Aussitôt que celui-ci l’eut appris, il feignit de vouloir se faire sai-ver e ' gner, & on appella son Chirurgien. Lorsqu’il lui eut bandé le bras & prisle fatal instrument, le Sultan lui jetta un regard fl terrible, que ce misé-rable
(*) C’est-à-dire, le Propagateur de la Foi , il est auiîî nommé Cayatho'ddin AbushejabMohammed.