HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. Il.'Cuà IV. 159
'& observa la marçhede Botoniate. Ce Général, qui ft’avoit que’ trois-cen® £e€tmShommes avec lui y prit des chemins détournés , & ne marchant '-qde la nuit ïl-pour éviter les Turcs, arriva proche de Nicée-, avant qu’ils fussent in- 1 L Ì 1 j- êneíìruus de la route ; mais loríqu’ils en eurent des-nouvelles, ils envoyerent -
-devant de la Cavalerie pour le harceler ; il la repoussa vigoureusement: suïtundeappréhendant néanmoins d’étre enveloppé, il leur envoya Chrysojcuk, qui Rotnn..
leur persuada, moyennant une petite somme, de se retirer, <ct de lui lais-'--—
íêr le chemin libre pour se rendre à Nicée. ■ Lorfqu’il en approcha, il à '
'fort étonné d’y voir une nombreuse armée, rangée eh fort bel ordre,qu’ilprit pour une armée ennemie , mais il apprit avec une agréable surprisequelle l’avoit proclamé Empereur (a).
il paroi t par ce récit, que Soliman étoit dans l’Asie Mineure en 1074,que nous supposons la premiere année de son régné; & la maniéré dont'Nicéphore Bryenne parle ici de lui pour la premiere fois , donne lieu deconjecturer qu’il y avoit déja du tems qu’il étoit dans ce Pays-là, ce quiConfirme notre hypothèse. Ce que le même Historien ajoute, semble l’ap-puyer encore.
■ Botoniate , fe voyant en possession de l’Empire , leva des troupes pour La Phry-s’opposer à Nicéphore Bryenne , qui afpiroit au Trône; il demanda du fe- ^cours à Majur ou Mafûd & à Soliman , fils de Kutlume , Prince de Nicée y,l^p' aren Bithynie , qui lui envoyerent d’abord deux-mille hommes , & lui pro- Melisse-mirent de faire des levees en fa faveur. Mais après avoir par la sage con- ne.tduice d 'Alexis Comnene , qui lui succéda, appaifé les troubles excités par A. de J. C.Bryenne «ct Bafilace , il lui restoit encore à réduire Nicéphore Mélijsene. Ce 107Seigneur, pendant les deux révoltes précédentes, s’étoit fait reconnoître
■ Empereur, & ayant ramassé quelques Turcs dans l’Asie Mineure, il cou-roit le Pays , «ct remettoit entre les mains des Turcs les villes qu’il pré-noit ; ce qui fut cause qu’en fort peu de tems ils fe virent maîtres de laPhrygie & de la Galatie; il réduisit aussi la ville de Nicée en Bithynie, «ctjetta la terreur dans l’Empire (b); & c’eít vraisemblablement par - là queSoliman parvint à être possesseur de cette fameuse ville (*) , dont il fitdans la fuite le lìege de son nouvel Etat.
Botoniate , effrayé des succès de MeliJsene , envoya contre lui une arméesous le commandement d’un Eunuque, nommé Jean , qui vint fe camperproche du Fort de Bafilée, qui est à plus de quarante stades de .Nicée ; «ctayant marché le long d’un lac (fans-doute le lac de Nicée) ils arrivèrentau Fort de St. George , qu’ils emporterent fans peine. Les Chefs s’étancassemblés ensuite , pour délibérer s’ils aíììégeroient Nicée, ou s’ils iroientà Dorylêe (j), pour donner bataillé au Sultan (j). Le íiege ayant été ré-solu,
. íyi) Hem, ibid. C. XV. (/;) Idem in Botoniat. C, I. IV.
00 Ceci doit être arrivé entre les années 1074 & 1078 > peut-être en 1076. -
(t) Cette'circonstance donne lieu de croire que 1 í-oeylée étoit le Eiege Royal de Sollpicn.
(f) L’Auteur Suroît dû nous apprendre , qui étoit ce Sultan, bvnt.en ou Koro/tiiisb ;
, ce * a aur °it servi à éclaircir quelques points douteux. Mais on rencontre souvent de ces, om ‘ssons embarrassantes dans les Historiens Byzantins, qui ont été plus occupés la plu-pan du tems de leur style' que dû fond de j’Histoíre. Cependant il paioît par la suiie,qu il doit etre question de Soliman.