HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV. 171fleuve Halys, ils s’approcherent d’une petite ville de l’obéissance des Ro- Sectionmains, dont les Prêtres allerent au devant d’eux avec la Croix & l'Evan-gile, mais ils furent assez barbares pour les massacrer tous. Les Turcs, /ìequi étoient fort expérimentés dans l'art de la guerre, enlevèrent les pro- Arslan I.visions de tous les lieux par où ils devoienr passer, les attaquèrent près //. Sultand’Amasie, & après avoir eu l’avantage les referrerentsi étroitement,qu’ils Roum *
ne pouvoient seulement faire paître leurs chevaux.
Les Normans au désespoir fondirent sur les Turcs, mais ceux-ci au lieude combattre de loin avec l’arc & la lance, combattirent de près avec l é.pée, & firent un horrible carnage. Les Croisés eurent recours au Com-te de St. Gilles & à Tzitas , que l’Empereur avoit envoyé avec eux pourles asiister de leurs conseils, & leur demanderent s’il n’y avoit point quel-que Pays de l’obéissance de l'Empire où ils pussent se sauver ; aussi - tôtqu’ils surent où aller, ils abandonnèrent leur camp, leur bagage & leurInfanterie, & s’enfuirent dans la contrée maritime d 'Arménie & de Pau-race. Les Turcs passerent l’Infanterie au fil de l’épée, n’en ayant réservéqu’un petit nombre pour les mener dans le Khorasan & les y faire voir.
Le Comte de St. Gilles & Tzitas s’en retournèrent à Constantinople avec]e reste de la Cavalerie, qui s’étoit échappée. Le Comte de St. Gilles par-tit ensuite pour rejoindre son armée dans le dessein de continuer le íìegede Tripoli de Syrie, mais il mourut peu après avoir mis pied à terre, &laissa les places & les troupes qu’il possédoit à son neveu Guillaume (d).
En la quatorzième Indidtion, Grégoire Gouverneur de Trebilonde, qui Reheltîms’étoit révolté depuis deux ans , entreprit d’aller s’enfermer dans la for- àc . Gr ®’ter esse de Colonie, qui passoic pour imprenable, & d’implorer la protec- s ° ue *tion de Tanistnan , dont nous avons parlé; mais Jean Comnene, neveu del’Empereur & soft cousin, le poursuivit, le fit prisonnier, & i’envoya àConstantinople (&).
II faut ici quitter l’Historien Grec pour finir l’fiistoíre du régné de Ki-Ij Arstan , en rapportant sa derniere expédition & sa mort, dont les Grecsn ont point eu de connoissance; & quoique ce soit le seul fait. qui nousait été transmis comme tiré des Auteurs Orientaux, il sert à nous donnerune plus grande idée de fa puissance, que tout ce que l'on a vu jusques ici.
Les habitans de Mosul.étant assiégés par AI Jaweli, Seigneur de Roba ^eSuItmou Ors a en Mésopotamie, qui avoit fait prisonnier Jagarmish leur Prince,envoyèrent demander du secours à Kiìj Arslan , Sultan à'leonie ou Korúya (*)
& à’Aksara , en lui offrant la souveraineté de leur ville. Le Sultan marchaen diligence avec son armée & prit possession de Mosul, AI Jaweli s’é-tant retiré à son approche. Kilj Arstan campa dans un lieu nommé AIMogrcka , où Zenji fils de Jagarmish & ses amis vinrent le trouver ; & illes honora‘tous de Cafcans. Ensuite, étant assis fur un Trône, il com-manda qu’on supprimât dans les Prières publiques le nom de Sultan Mo-ham-ed) A nu. Comnen. L. XI. Ch. 1*7. 0 ') Ann. Comnen. L. XII. Ch. J.
(*) 11 pnroit par-là, qu’après la perte de Nicée ils transféra le íìege de son Empire àKini-ja , c’est àg que les Orientaux appellent Ieonie , & les Grecs modernes Cognt ou Qntii.
Y 2