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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Cíiai*. IV. I?7

les suivre à Cogni, il tourna vers Nicomédie. Les Turcs jugèrent par ce Sectionmouvement qu’il n’avoit pas dessein de les attaquer , reprirent leurs pre- Us-iniers postes , & recommencèrent leurs courses, ce qui étoit ce qu 'Alexis M r J nedemandoit : cependant fa conduite fournie un prétexte à ses ennemis fe- /// sl/cancrets de murmurer de son inaction, après avoir levé une armée aussi con- de Loua,,sidérable.

Quand le Printems fut passé l’Empereur jugea qu’il étoit tems de fui- Maniérévre Ton premier dessein, & il marcha à Cogni. De Nicée il fe rendit à de combat-Gaïta, & passa le Pont de Pitbique, & ayant traversé tn trois jours Ar- tre -menocastre & Leucas , il arriva à la vaste plaine de Dorylée , où i) ft larevue de son armée , & Fessai d’un nouvel ordre de bataille qu’il avoitformé. II avoit vu que les Turcs ne dispofoient pas leurs armées à la ma-niéré des autres Peuples, & qu’ils ne joignoient pas les boucliers aux bou-cliers & les hommes aux hommes , mais qu’ils faifoient du corps de ba-taille & des deux ailes comme trois armées différentes ; que lorsque J’uneétoit attaquée, les autres accouroient au secours avec une extrême ardeur;qu’ils ne fe fervoient pas de la lance comme les François , mais qu’ils tâ-choient d’envelopper leurs ennemis , & de les percer de leurs fléchés ;qu’ils ne combattoient pour l’ordinaire que de loin , & que soit qu’ils pour-suivissent , soit qu’ils fussent poursuivis, ils ne se fervoient que de l’arc, qu’ilsbandoient avec une telle force , que lors même qu’ils tiroient en fuyant,ils ne laissoient pas de percer le Cavalier qui les fuivoit, ou son cheval.

Ce fut ce qui engagea l’Empereur à inventer un nouvel ordre de batail- Nonvelkle ; il disposa son armée de maniéré que ses soldats prélèntoient le bou- méthode ~clier du côté d’où les Turcs tiroient, & que d’autres tiroient du côté que ^’ AIexis *les Turcs se découvraient en tirant. Etant arrivé dans ce nouvel ordre àSantabaris. il partagea son armée pour exécuter plusieurs desseins en mê-me tems. II envoya Camytze avec un corps à Polybote & à C'édrée, dontPuìcheas étot Gouverneur ; il en donna un autre à Stypéote pour aller at-taquer Àmcrion (*). Quand Camytze arriva à Cédrée , il trouva que Pul-cheas & ses soldats avoient pris la fuite , desorte qu’il alla à Polybote, oùil tailla la garnison en pieces, & reprit le butin. Stypéote eut le même suc-cès à Poemanene.

Comme Alexis étoit fur le point de partir de Cédrée pour Polybote & llamounCogni, il reçut la nouvelle que le Sultan Soliman avoit brûlé tous les four- " la ^ìvi-rages & les vivres dans l’Aíie Mineure , & qu'il venoit d’un autre côte natwuUne nouvelle armée de Turcs. Dans cette perplexité , il consulta Dieu,pour savoir s’il devoit marcher vers Cogni,ou donner bataille aux Turcs,qui venoient de Filomihon. Ayant écrit ces deux questions fur deux pa-piers , il les mit le soir fur l’autel , & passa la nuit en prières. Le matinl’Evêque entra dans l'Eglise , & ayant pris le premier des deux papiersqui fe‘trouva sous fa main (f) , le déplia & le lut à haute voix, & c’etoit

ce-

O klì selon les apparences Amurìum ou /Imoriunu(T) L Empereur & l’Evêque agissoic-nt-ils sérieusement, ou n’étoit-'ce qu’une ruse pourfaire approuver ses mesures à son armée?

lomé XVII.

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