HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Cíiai*. IV. I?7
les suivre à Cogni, il tourna vers Nicomédie. Les Turcs jugèrent par ce Sectionmouvement qu’il n’avoit pas dessein de les attaquer , reprirent leurs pre- Us-iniers postes , & recommencèrent leurs courses, ce qui étoit ce qu 'Alexis M r J nedemandoit : cependant fa conduite fournie un prétexte à ses ennemis fe- /// sl/cancrets de murmurer de son inaction, après avoir levé une armée aussi con- de Loua,,sidérable.
Quand le Printems fut passé l’Empereur jugea qu’il étoit tems de fui- Maniérévre Ton premier dessein, & il marcha à Cogni. De Nicée il fe rendit à de combat-Gaïta, & passa le Pont de Pitbique, & ayant traversé tn trois jours Ar- tre -menocastre & Leucas , il arriva à la vaste plaine de Dorylée , où i) ft larevue de son armée , & Fessai d’un nouvel ordre de bataille qu’il avoitformé. II avoit vu que les Turcs ne dispofoient pas leurs armées à la ma-niéré des autres Peuples, & qu’ils ne joignoient pas les boucliers aux bou-cliers & les hommes aux hommes , mais qu’ils faifoient du corps de ba-taille & des deux ailes comme trois armées différentes ; que lorsque J’uneétoit attaquée, les autres accouroient au secours avec une extrême ardeur;qu’ils ne fe fervoient pas de la lance comme les François , mais qu’ils tâ-choient d’envelopper leurs ennemis , & de les percer de leurs fléchés ;qu’ils ne combattoient pour l’ordinaire que de loin , & que soit qu’ils pour-suivissent , soit qu’ils fussent poursuivis, ils ne se fervoient que de l’arc, qu’ilsbandoient avec une telle force , que lors même qu’ils tiroient en fuyant,ils ne laissoient pas de percer le Cavalier qui les fuivoit, ou son cheval.
Ce fut ce qui engagea l’Empereur à inventer un nouvel ordre de batail- Nonvelkle ; il disposa son armée de maniéré que ses soldats prélèntoient le bou- méthode ~clier du côté d’où les Turcs tiroient, & que d’autres tiroient du côté que ^’ AIexis *les Turcs se découvraient en tirant. Etant arrivé dans ce nouvel ordre àSantabaris. il partagea son armée pour exécuter plusieurs desseins en mê-me tems. II envoya Camytze avec un corps à Polybote & à C'édrée, dontPuìcheas étot Gouverneur ; il en donna un autre à Stypéote pour aller at-taquer Àmcrion (*). Quand Camytze arriva à Cédrée , il trouva que Pul-cheas & ses soldats avoient pris la fuite , desorte qu’il alla à Polybote, oùil tailla la garnison en pieces, & reprit le butin. Stypéote eut le même suc-cès à Poemanene.
Comme Alexis étoit fur le point de partir de Cédrée pour Polybote & llamounCogni, il reçut la nouvelle que le Sultan Soliman avoit brûlé tous les four- " la ^ìvi-rages & les vivres dans l’Aíie Mineure , & qu'il venoit d’un autre côte natwuUne nouvelle armée de Turcs. Dans cette perplexité , il consulta Dieu,pour savoir s’il devoit marcher vers Cogni,ou donner bataille aux Turcs,qui venoient de Filomihon. Ayant écrit ces deux questions fur deux pa-piers , il les mit le soir fur l’autel , & passa la nuit en prières. Le matinl’Evêque entra dans l'Eglise , & ayant pris le premier des deux papiersqui fe‘trouva sous fa main (f) , le déplia & le lut à haute voix, & c’etoit
ce-
O klì selon les apparences Amurìum ou /Imoriunu(T) L Empereur & l’Evêque agissoic-nt-ils sérieusement, ou n’étoit-'ce qu’une ruse pourfaire approuver ses mesures à son armée?
lomé XVII.
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