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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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HISTOIRE GENËRALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV. 227

' Pour arrêter leurs courses furies terres des Romains, l’Eropereur An- Sectionàronique donna le Gouvernement de l’Asie Mineure & de la Lydie k Alexis, 1X -1,lurnomm é Phìlantropene, son Echanson, & second fils de Tarconiate Pro- dcYl^fo-tovestiaire. Ce Gouverneur, ayant sous son commandement les troupes badde Candie & enfin toutes les armées d’Orient, agit avec tant de coura- Sultan de -ge& remporta tant de victoires » que pendant son gouvernement quidura long-tems, il rétablit les affaires de l’Empire en Orient, & gagnapar son adresse & par sa libéralité l’affection des Romains & des enne-mis. II acquit de grandes richesses dans toutes ses expéditions, qu’il dis-tribua en présens & en récompensés. En voici un exemple

Roum.

Révolte dePbilantropcne ,quiil y avoit cjl défait

près de Meladun un Fort, nommé le Fort des deux collines, que notre Id if-torien croît avoir été l’ancien Didymion des Mìléíìens. La principale desfemmes de Salempace , mort depuis peu, s’y étoit- retirée avec des tré-sors inestimables. Comme il n’étoit pas possible de prendre la place parforce, Phìlantropene usa de ruse pour tâcher de tromper cette Dame, enlui faisant promettre secrectement de f épouser. Après qu’elle eut rejetteses offres, il apperçut des pieux dans un étang qui baignoit les muraillesde la place auxquels il fit attacher des planches avec des cordes, & bâtitdes tours dessus ; il couvrit le reste de l’étang de vaisseaux remplis de sol-dats , ávec des machines propres à prendre des villes, desorte qu’il se ren-dit bientôt maître de la place, & de toutes les richesses qui y étoient,qu’il distribua à tous ceux qui avoient suivi son parti. Ceux-ci lui per-suadèrent de se révolter, mais Libadaire , Gouverneur de Néocaílre, de laLydie & de Sardes, marcha contre lui à Nymphée, les Candiots le trahi-rent, se saisirent de lui comme il étoit à la tête de son armée, & le li-vrèrent à Libadaire, qui lui fit crever sur le champ les yeux: son armée,qui étoit nombreuse &. composée de Turcs & de Romains, se dissipa; &Libadaire, qui n’avoit que peu de troupes,en fit un grand carnage.

Quelque tems après les Turcs, pour venger la honte de leur défaite, sejoignirent en grand nombre, & désolèrent tout le Pays depuis le PontEuxin jusqu’à la Mer de Rhodes. L’Empereur pour arrêter ces ravages r ' itab iif.envoya Jean Tarconiate avec de l’argent & des troupes, quoiqu’il se fût sent.opiniâtré dans le Schisme qui divisoit alors l’EgUse. Andronìque jugeaqu’un homme pouvoit très - bien aimer fa patrie íàns être de la religiondominante, & que pour triompher des ennemis un Général habile dansl’art de la guerre étoit plus nécessaire qu’un Général orthodoxe. La con-duite de Tarconiate prouva que l’Empereur avoit eu raison. II rétablit laDiscipline Militaire, en avançant des gens de mérite, quoique pauvres,préférablement à des riches fans mérite; & en obligeant ceux que leursrichesses rendoient insolens, à respecter les ordres de leurs Commandansqu’ils méprisoient. far ce moyen il rassembla en peu de tems une nom-breuse armée, équippa une puissante Flotte, & réussit si heureusement surterre & sur mer, qu’il rétablit bientôt les affaires en Orient.

Mais elles furent ruinées promptement par la négligence & par la mau- Elles se

yaise conduite de ceux qui lui succédèrent, L’argent destiné au payement binent de

1 ff 2 ^nouveau.

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Les affai-res des