HISTOIRE GENËRALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV. 227
' Pour arrêter leurs courses furies terres des Romains, l’Eropereur An- Sectionàronique donna le Gouvernement de l’Asie Mineure & de la Lydie k Alexis, 1X -1,lurnomm é Phìlantropene, son Echanson, & second fils de Tarconiate Pro- dcYl^fo-tovestiaire. Ce Gouverneur, ayant sous son commandement les troupes badde Candie & enfin toutes les armées d’Orient, agit avec tant de coura- Sultan de -ge& remporta tant de victoires » que pendant son gouvernement quidura long-tems, il rétablit les affaires de l’Empire en Orient, & gagnapar son adresse & par sa libéralité l’affection des Romains & des enne-mis. II acquit de grandes richesses dans toutes ses expéditions, qu’il dis-tribua en présens & en récompensés. En voici un exemple
Roum.
Révolte dePbilantropcne ,quiil y avoit cjl défait
près de Meladun un Fort, nommé le Fort des deux collines, que notre Id if-torien croît avoir été l’ancien Didymion des Mìléíìens. La principale desfemmes de Salempace , mort depuis peu, s’y étoit- retirée avec des tré-sors inestimables. Comme il n’étoit pas possible de prendre la place parforce, Phìlantropene usa de ruse pour tâcher de tromper cette Dame, enlui faisant promettre secrectement de f épouser. Après qu’elle eut rejetteses offres, il apperçut des pieux dans un étang qui baignoit les muraillesde la place auxquels il fit attacher des planches avec des cordes, & bâtitdes tours dessus ; il couvrit le reste de l’étang de vaisseaux remplis de sol-dats , ávec des machines propres à prendre des villes, desorte qu’il se ren-dit bientôt maître de la place, & de toutes les richesses qui y étoient,qu’il distribua à tous ceux qui avoient suivi son parti. Ceux-ci lui per-suadèrent de se révolter, mais Libadaire , Gouverneur de Néocaílre, de laLydie & de Sardes, marcha contre lui à Nymphée, les Candiots le trahi-rent, se saisirent de lui comme il étoit à la tête de son armée, & le li-vrèrent à Libadaire, qui lui fit crever sur le champ les yeux: son armée,qui étoit nombreuse &. composée de Turcs & de Romains, se dissipa; &Libadaire, qui n’avoit que peu de troupes,en fit un grand carnage.
Quelque tems après les Turcs, pour venger la honte de leur défaite, sejoignirent en grand nombre, & désolèrent tout le Pays depuis le PontEuxin jusqu’à la Mer de Rhodes. L’Empereur pour arrêter ces ravages r ' itab iif.envoya Jean Tarconiate avec de l’argent & des troupes, quoiqu’il se fût sent.opiniâtré dans le Schisme qui divisoit alors l’EgUse. Andronìque jugeaqu’un homme pouvoit très - bien aimer fa patrie íàns être de la religiondominante, & que pour triompher des ennemis un Général habile dansl’art de la guerre étoit plus nécessaire qu’un Général orthodoxe. La con-duite de Tarconiate prouva que l’Empereur avoit eu raison. II rétablit laDiscipline Militaire, en avançant des gens de mérite, quoique pauvres,préférablement à des riches fans mérite; & en obligeant ceux que leursrichesses rendoient insolens, à respecter les ordres de leurs Commandansqu’ils méprisoient. far ce moyen il rassembla en peu de tems une nom-breuse armée, équippa une puissante Flotte, & réussit si heureusement surterre & sur mer, qu’il rétablit bientôt les affaires en Orient.
Mais elles furent ruinées promptement par la négligence & par la mau- Elles se
yaise conduite de ceux qui lui succédèrent, L’argent destiné au payement binent de
1 ff 2 ^nouveau.
1296,
Les affai-res des