DEPUIS JENGHIZ KHAN. Lit. III. Chap. I. 235SECTION II.
Le Pays des Kalkas Mongols.
D E toutes les Nations Mongoles qui dépendent de la Chine, la plus Skctiohnombreuse & la plus renommée eít celle des IC&lkûs , qui cire ion nom H'de la riviere de Kalka ou Khalkba ou Halha. 11 s occupent plus de deux-cens lieues de Pays de l’Est à l’Oueíl, & les bords des plus belles Rivières Mongols.*
de cette partie de la Tartarie. 11 s sont au Nord des Mongols, & ont les-
Aluîbs ou Eluths à l’Occident. Leur Pays, suivant Ger billon , s’étend de ì’Ëstà l’Ouest, depuis le Mont Altay (a) jufqu’à la Province de Soìon , & du Ka as "Nord au Sud depuis leyr. degré de Latitude (*) jufqu’à l’extrémité méri-dionale du grand Kobi ou Désert, qui est censé être à eux , parcequ’ils ycampent en hiver, lorfqu’ils ont moins besoin d’eau, qui est fort rare dansces lieux, & généralement mauvaise.
Ce Désert, que les Mongols appellent Kobi ou Gobi , & les Chinois Sha - Le grandmo , tourne autour de la Chine; il n’est nulle part aussi étendu & aussi as- Dé f ert 'freux que du côtédel’Ouest(f). Le P. Cer/â» le traversa quatre sois en desendroits différens. II n’a gueres plus de cent lieues à son extrémité orien-tale, depuis les montagnes qui font au-delà de la grande muraille, fans ycomprendre les montagnes qui font au Nord de la muraille, ni le Pays quiest au-delà de la riviere de Kerlon, qui est très-peu habité fur-tout du cô-té de l'Occident, quoiqu’il y ait de bons pâturages & des eaux en assezgrande abondance. Le Désert est beaucoup plus étendu du Nord au Sud,
& a plus de cent lieues de profondeur. II est en quelques endroits dénuéde toutes choses , fans arbres, fans pâturages & fans eau, si l’on en ex-cepte quelques étangs & quelques marais où les pluies se ramassent, &d’assez méchans puits, qui font encore assez rares.
Les Kalkas font les ddeendans de ces Mongols qui furent chassés de la P r if r { eChine vers l’an 1368 par Hong-vû , fondateur de la Dynastie de Ming , à ^ a ’laquelle les Mancbéous ont succédé, & qui s’étant retirés du côté du Nord 'au-delà du grand Défert , Rétablirent principalement le long des rivièresde Selinga, d’Orkhon, de Tala & de Kerlon, où après avoir été si long-tems accoutumés aux délicatesses de la Chine, ils reprirent la vie errante& grossière de leurs Ancêtres (b).
La Riviere de Kalka Pira est peu fréquentée par les Kalkas , quoiqu’ils Rivières.en tirent leur nom. Elle fort d’une fameuse montagne, nommée Sueìki ou ^ KalkaSiulki, éloignée au Nord-Nord-Est de Parìn de quatre-vingt-quatre lieues, saa 'à à l’Ouest de foixante-quatre lieues de Tfitfikar, Capitale de la Tartarie
Orien-
O) Voy. fur Altay, L. II. Ch. I. Sect. 2. Q>) Du Haide , T. IV. p. 54.
(*) Du Iîalde , T. IV. p. 73 dit, qu’il s’étend de vingt-deux degrés de l’Est à l’Ouest,à de cinq & demi du Nord au Sud.
Ct) Cjest l e grand Désert dont Marc Polo a donné de si effrayantes idées, & que nosGéographes ne connoissoient qu’imparfsicement avant ces derniers teins.
Ggs