HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. II. 301& bien peuplées. Cette réflexion feule suffit pour faire sentir toute ladiffî- A. D. J. C.cul té du dessein, fur-tout pour une Nation qu’on a lieu de croire qui 1209.n’entendoit encore gueres fart de prendre des villes, & elle fait connoîtreen Le re S ne .même tems le génie supérieur du Prince qui osa concevoir ce proíet. ^Jenghiz
Nous avons deja vu que des 1 an 1205 Jenghtz Kan avoit fait des cour- ___
fes fur les terres du Roi ou Empereur de Hyaj en 1209 il attaqua les E-tats de ce Monarque dans le dessein de les soumettre à son obéissance ;mais après qu’il eut forcé plusieurs postes près de la grande muraille,Li-gan-tfuen , pour sauver fa Capitale, que Jenghiz Khan fe difpofoitd’attaquer, fe soumit à lui payer tribut, comme nous le rapporterons dansla fuite («).
Ce Prince conquit presque en même tems le Pays de Krekir & celui deKachin, ce dernier étoit celui qui portoit autrefois le nom de Tangut ( b ).
Mais il est assez difficile de dire en quel endroit étoient ces Pays. S’ilsexistent les circonstances de l’Hifloire obligent de les placer dans le voisi-nage de Kampion , & de les regarder comme faisant partie de la Provincede Shen-fi, ou comme y confinant.
La même année Partcbukorte Tìkin (*) Prince des Igûrs, nommé Idi- Révoltekut (|) tua les Officiers Kitan (j) qui étoient dans fa ville, & vint en igûrs.
personne fe mettre fous la proteètion de Jenghiz Khan , qui lui fit épouserune de fes filles (r).
Les Historiens Persans nous apprennent ce qui donna occasion à cetterévolte. Idikát Khan des Oygûrs ou Igûrs, quoique fort puissant, ne laissoitpas d’être tributaire de Cttàn Roi du Turquestan, qui tenoit ordinaire-ment chez les Igûrs un Deroga ou espece d’íntendant de Province, pourrecueillir les tributs. Celui qui avoit alors cette commission s’appelloieShimakem . Cet Officier exigeant au-delà de ce qui étoit dû à son Maître,les peuples s’en plaignirent auKhan, qui en parla à Shuwakem ; mais cethomme au-lieu de déférer aux remontrances du Prince, lui fit des menaces.
Idikut pour s’en venger le fit assassiner, & pour fe mettre à couvert duressentiment de Gurkan il envoya demander au Grand-Khan fa protection.
Ses Envoyés joignirent Jengbiz Khan dans le Pays de Tangut, où il étoitallé pour remettre fous son obéissance Shidasku , & quelques autres Khansqui s’étoient révoltés, & entre autres celui de Krekir, dont le Pays futentièrement ruiné.
L’Em-
(a) Dans l’Histoire de Ilya & de Si fan. (c) Gaubil, Ilist. de Gentchifc. p. 13.
(/;) De la Croix , p. 115.
(*) Abu'lghazi Khan le nomme Banerjik Idikut Khan , p. 96, 97.
(t 5 Abulkayr & Abulfarage disent qui Idikut veut dire le Prince régnant; mais Abu'lghaziKhan assure que ce mot signifie dans la Langue des Uzlecs, un homme libre , qui rìeft sujetà personne, mais en Langue Turque, envoyé par J'esprit; Idi voulant dire étant envoyé,
& Kut désignant l 'esprit ou famé : Abu'lghazi Khan, p. 93. Abulfarage, p. 283. écrit Idi-kub, c’est-à-dire le Seigneur de l’Empire.
( 1 ) C’étoient les Kitan Occidentaux ou Leao, établis â FEst de Kashgar, & sujets ence tems-là de Gnrkhan, Roi du Turquestan & de Kitan: & c’est d’après eux que le Taysi'ut appcllé Karakitay.
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